- Article :
- "Extraits des registres
de la Jurade
"
- (1634 - 1641)
- Présence des protestants à Monflanquin
et en Guyenne ... intendance de Bordeaux, duc d'Épernon et pouvoir monarchique ...
doléances, émotions et révoltes paysannes.
- Au temps de Louis XIII..
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- SOMMAIRE de l'Article :
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- I/ Les
Institutions
I) La Jurade: définition, fonctionnement, rôle.
2) Structure générale de royaume: Versailles, Bordeaux, Agen,
Monflanquin.
- - annexe : extraits de 1634-1635
- II/ Les Personnages
I) Clergé et Noblesse: notoriété historique, notoriété locale.
- 2) Tiers L'état: élus à la Jurade, dans la paroisse, dans la
province.
- - annexe : extraits de 1636-1637
- III/ Les
problèmes de la société
- I) Bourgeois et nobles: aspirations bourgeoises, aspirations
seigneuriales.
- 2) Présence protestante: en Guyenne, à Monflanquin.
3) La poussée centralisatrice: rapports gouverneur/Jurade, rapports intendants/Jurade.
- - annexe : extraits de 1638-1639
- IV /
Les difficultés Financières
I) La monnaie dévalue: tableau général, à Monflanquin.
2) Les prix montent: tableau général, à Monflanquin.
3) Les impôts s'alourdissent; les impôts directs, les impôts indirects.
- - annexe : extraits de 1639-1641
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- V
/ Les années difficiles 1634 - 1641
I) La guerre de Trente ans: conditions générales, les échos à Monflanquin.
2) Les révoltes populaires en Guyenne: conditions générales, les échos à Monflanquin.
- - annexe : cartes des révoltes dans le Sud-Ouest
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- VI/
Sombres années : 1634 -1641
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I) Le temps des crises : témoignage de la Jurade, "l'année que Dieu vizita cette
ville", année type.
2) Et l'armée en prime : le logement, les subsides, les subsistances, la levée en
hommes.
3) Réactions de la Jurade: refus formaliste, rejet vers les autres Jurades, une
constante: les doléances.
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- Annexe :
- - Carte de localisation des soulèvements au XVII.
- Graphique de la fréquence des révoltes au XVII.
I) Extraits du registre de l'année 1640.
2) Tableau chronologique de la période.
3) Maison de la Jurade telle qu'elle devait être en 1634-1641
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- Se plonger dans la lecture des registres de la jurade de
Monflanquin - en utilisant d'une part le résumé des archives départementales,
rédigé avant 1938 et d'autre part la traduction
de Melle Bourrachot en 1962 - permet de
découvrir la période 1654-I64I.
- C'est, à la fois, partir à la découverte des institutions,
de la société et des rigueurs de l'époque.
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- X X
X
- Cette réalité du XVII° Siècle, d'emblée, fait obligation
au lecteur non. averti de s'initier au vocabulaire de l'époque et tout d'abord à celui
des Institutions.
I.1a) Définition:
La jurade est l'Assemblée des jurés ou Jurats dont certains sont
élus Consuls. Cette pratique date de la
de 1256 accordée par Alphonse de Poitiers, à la fondation de la bastide. Privilège
reconsidéré, par le pouvoir central, au fil des siècles.
- Élus, les consuls sont amovibles, renouvelables et ont à
représenter la communauté tant auprès des Institutions Royales ou provinciales,
qu'auprès des membres de la Communauté pris individuellement. Toutes proportions
gardées c'est la mairie actuelle.
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- I.1b) Fonctionnement:
. La Jurade "se réunit le dimanche après la
messe..." avec, à partir de Janvier 1635, "six Consuls dont quatre
catholiques et deux de la R.P.R." (Religion Prétendue Réformée).
- I1 est prévu "une passation des pouvoirs" avec
"reddition des comptes" qui à l'occasion peut entraîner de longs procès comme
celui évoqué en Juillet 1636 "procès en cours contre les Consuls des années
1624-1625 ..."
. Consuls et Jurats se distinguent les uns des autres, la séance de
Février 1637 le rappelle explicitement : "le 13 les Consuls se réunissent
pour calculer la répartition ... Le 15 les Jurats sont convoqués pour donner leur avis
sur cette répartition ..."
- Mais distinction également entre les Consuls eux-mêmes car
seul "le premier Consul ira à bordeaux" en Octobre 1635.
. Les Consuls doivent avoir des ressources personnelles pour remplir
leur rôle. Mais en 1641 Monflanquin éprouve des "difficultés à trouver des
gens solvables". A coup sûr ceux qui le sont préfèrent éviter ce redoutable
honneur d'avoir à attendre comme en 1637 que "la Jurade s'occupe du remboursement
des frais avancés par les Consuls ..."
I.1c) Son rôle :
. La représentation de la communauté monflanquinoise "devant la
Cour des Aides", auprès du gouverneur de Guyenne le Duc d'Épernon "contre la
prétention des messieurs les Élus d'Agenois", et ce pour la seule année
1634.
. L'organisation de la vie locale. C'est la jurade qui décide que le
"Sieur Canet continuera à exercer les fonctions de médecin moyennant 100 livres de
gages", puis "qu'il sera payé 60 livres de gages au Sieur LAPAULNE qui enseigne
la jeunesse en langue latine". De la même façon il y a "discussion à propos
du paiement des dettes de la communauté. On fera réparer le clocher qui tombe en ruine.,
l'Hôtel de Ville et on fera nettoyer l'abreuvoir...".
I1 lui appartient, en outre, de s'occuper des "Affaires concernant la levée, la
solde et l'équipement des 35 soldats de la juridiction de Monflanquin... "de
prévoir" la répartition de cette somme entre les 32 paroisses de la juridiction
".
Lui revient aussi " la taxation de la viande de boucherie qui sera visitée par un
Consul accompagné de trois Jurats ". De plus " les Consuls presteront main et
ayde aulx collecteurs a fere payer les reffuzans les deniers et tailhes du Roy ".
Enfin c'est à elle qu'il revient de " mettre en adjudication au rabais
l'arpentement
de la .Juridiction et la réfection du cadastre."
I.2 - La jurade dans les structures du
Royaume.
Cette Jurade, comme toutes les autres, s'inscrit dans une structure générale du royaume,
à laquelle il est fait d'ailleurs référence au cours de certaines séances.
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- I.2a) Versailles :
. Le Roi à qui l'on envoie une délégation en Mars 1636 mais dont on
parle peu par ailleurs.
. Le Conseil du Roi devant lequel la Jurade envisage dès le
8.03.1636 de
se pourvoir. Ce Conseil du Roi qui garde son unité officielle et fictive mais qui en fait
se réunit en sections spéciales.
Le tout forme le Gouvernement Central avec comme pièce maîtresse le Roi. Mais c'est à
plus de huit longues journées à cheval de Monflanquin.
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- I.2b) Bordeaux :
. Le gouverneur de Guyenne mentionné dès le 15.1.1634, puis avec
régularité tout au long des années. C'est le Roi en province avec une compétence
parfois universelle, surtout en période de troubles: il juge, lève des taxes, surveille
tous les officiers, nais surtout est chargé du commandement militaire et du
maintien de
l'ordre.
. L'archevêque de Bordeaux lui dispute la préséance aidé de ses
évêques tel celui d'Aire.
- - L'Intendant enfin "commissaire départi"
dans les provinces et les armées, en chevauchées d'enquête ou pour contrôler
"justice, police et finances"; cet intendant "en voie de
sédentarisation" prend progressivement de l'importance de par la volonté du Roi.
Bordeaux, indiscutablement, devient le relais provincial de la lointaine autorité Royale.
I.2c) Agen :
La juridiction royale ordinaire; la Sénéchaussée qui juge en première instance, avec
rappel au Présidial et au Parlement, de la plupart des causes courantes, civiles et
criminelles. En Janvier 1637 Monsieur de Boissonnade, son président, rend jugement pour
Monflanquin.
Les juridictions royales spécialisées : la Cour de l'Élection saisi en Novembre d'une
requête concernant une imposition, car cette Cour juge en première instance dans les
conflits et contestations sur les faits de taille et sur le fait des aides. La Cour des
Aides, référence continuelle de la Jurade, juge en appel la plus grande partie des
contestations en matière d'impôts.
Le tout représente l'échelon sous provincial de l'autorité royale.
I.2d) Monflanquin :
Les Jurades que ce soient celles d'Agen, Villeneuve, Castillonnès, Penne,
Villeréal, Casseneuil etc... En relation suivie entre elles : soit en opposition soit
pour trouver des bases communes.
Les trente deux paroisses dépendant de la juridiction de Monflanquin dont St Avit, St
André, St Eutrope, St Aubin, St Vivien, St Amans, Villars, Barbas, Taradel, Salles,
Roquadet. ( I9.0I.I640 ).
L'ensemble forme les institutions locales, émanations de la population mais de plus en
plus dépendant du réseau institutionnel voulu par le Roi.
Telle est la structure qui apparaît au fil des pages de cette chronique. Cette mise en
place succincte rendra plus facile l'étude des ordres et des États de la société qui
s'y meuvent avant que d'évoquer les évènements de la période 1634 - 1640.
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- 1634
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- 15 Janvier 1634 - Noble
Nicolas de Pontajon, Sr de Lachapelle, Me Pierre Valié, Jehan Giraudye, de Canet docteur
en médecine et de Bàunel, praticien, consuls.
Mr de Faure lieutenant royal ; Deytier, avocat en la cour ; Decausse, sieur de
Raliette, Laparre, Faure, Gibbert, consuls l'année dernière ; Causse, bourgeois ;
Darnoulx, sieur
du Cros ; Dastrua, praticien ; Yssartier, marchand ; tous jurats ayant été consuls.
Passation des pouvoirs des anciens consuls aux nouveaux. Liste des procès soutenus par la
communauté :
- devant la cour des Aides contre Me Yzac Vernet, fermier de la seigneurie de Boynet ;
- contre Jezaban de Cayroze en reddition de comptes devant la même cour ;
- contre la demoiselle de La Bastide qui prétend être déchargée de la Taille, devant
la même cour ;
- contre Pierre duducq, greffier des Tailles ;
- concernant l'anoblissement du moulin appelé de Valette ;
- autres procès divers.
Décisions de la jurade : le sieur Canet continuera â exercer les fonctions de médecin
moyennant 100 livres de gages ; si le duc d'Epernon, gouverneur de Guyenne, est arrivé
dans le pays, le sieur de la Chapelle " est prié luy aller fere la révérence de la
part de ceste communauté ".
6 Février 1634 - Le sieur de la Chapelle rend compte de ses
voyages à. Agen pour les procès de la ville et â Plassac pour voir le duc
d'Epernon.
15 Mars 1634 - Répartitions d'imposition. Erreurs dans les rôles
des collecteurs.
Contestations à propos de la construction d'un banc de boucherie " sous la maison de
ville " par Pierre Cayroze. Celui-ci est débouté de ses prétentions.
8 Mai 1634 - La communauté doit payer 1786 livres, somme à
laquelle elle a été taxée l'année précédente "pour les afferes du siège de
Nancy" et qu'elle avait refusé de payer. Sa requête, conjointement avec celle des
consuls de Penne, avait été rejetée.
La communauté demandera l'autorisation de lever un imp8t pour les réparations à faire
au clocher et au pont de Beyssac.
Les mandes de la communauté ont abattu le banc de boucherie créé par le sieur
Cayroze.
17Juin 1 634 - La dame de Miossens a fait signifier aux consuls
une requête par laquelle
1) elle prétend être exemptée des Tailles pour les biens
qu'elle posséde,
2) "elle prétend s'approprier a soy la justice moyenne et
basse des parroisses St Eutrope, St Vivien, St Amans St Just, Villars, Barbas,
Taradel,
Salles et Roquadet quelle allégué luy avoir este uzurpé au temps des mouvements des
guerres des Anglois."
Les sieurs de Lasvernhéres et Giraudye ayant été offensés, et le premier bâtonné par
Balthazar Darnoulx, la réparation de l'offense par voie judiciaire sera poursuivie aux
frais de la communauté.
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- 10 août 1634 - Les nobles,
et en particulier la dame de Roquefère, qui, prétendent être exemptés des tailles,
devront fournir une copie du dénombrement des biens nobles pour lesquels ils ont fait
hommage au roi.
I1 sera payé 60 livres de gages au sieur Lapaulme "qui enseigne la jeunesse en la
langue latine."
19 Octobre 1634 - Les consuls se plaignent de la prétention de MM
les élus d'Agenois "de se porter dans toutes les villes
dépendant de leur eslection pour ouir les comptes des consulats", car c'est "un
notable préjudice au public veu les grands frais."
Le sieur de la Chapelle ira faire la révérence au duc d'Epernon, gouverneur de la
province.
On s'entendra avec d'autres villes ( Penne, Agen ) pour savoir quelle conduite tenir face
aux prétentions des élus.
26 Octobre 1634 - Les consuls ont été avertis que le sieur de
Fages, capitaine se proposait de venir avec sa compagnie "pour loger a discrétion et
faire de ravages pour se venger contre les habitants de la présente ville de ce qu'ils ne
lavoient volleu recepvoir autres fois". Les consuls refuseront tout logement aux
troupes qui n'auront pas un ordre du gouverneur de la province.
29 Novembre - 1er Décembre 1634 - Les délibérations
n'ont pas été transcrites.
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- 1635
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- 21 Janvier 1635 - L'hôpital
ayant été démoli, on ne sait où reloger les pauvres. Les syndics de l'hôpital iront
chez les particuliers quêter en faveur des pauvres afin de louer ou acheter une maison.
Le gouverneur a enjoint aux consuls et jurats catholiques de s'assembler pour se pourvoir
devant S.M. contre certaines lettres patentes obtenues par ceux de la R.P.R. [Religion
Prétendue Réformée]. La Jurade considère comme nuls les actes de jurades
transcrits "hors du présent livre".
Les consuls ont eu "recours à Mgr d'Epernon pour avoir réglement pour le
consulat". I1 y aura six consuls, quatre catholiques et deux de la R.P.R.
La jurade se plaint de la multiplicité des frais occasionnés par les procès suscités
par le remboursement des créanciers de la communauté. Ces derniers avaient fait saisir
des biens des consuls de 1633 lesquels consuls se retournèrent contre ceux de l'année
1634 et ceux-ci, à leur tour, contre les consuls en charge.
Diverses personnes ont déguerpi leurs biens et ces biens demeurent vacants. La jurade
demandent que les seigneurs dont ces biens sont mouvants en paient les tailles ou qu'ils
s'en désaisissent Afin que les consuls puissent les remettre â des particuliers qui se
chargent des impôts.
Mention du sieur de Persy, ministre.
29 Mars 1635 - Discussion à propos du paiement des dettes de la
communauté. On fera réparer le clocher qui tombe en ruines, l'hôtel de ville et on fera
nettoyer l'abreuvoir..
On fera désinfecter la maison de feu Martin de Ponte par Labarriére, désinfecteur
général demeurant en la sénéchaussée de Quercy.
19 Avril 1635 - Présents: De Chevallier,
Laparre, Fabre et
Castels, consuls. On approuve les travaux â faire, dont le devis se monte, d'après les
charpentiers, â 460 livres.
Le procureur du roi remontre â la jurade que "despuis l'année 1630 et 1631 que Dieu
vizita ceste ville se sont tellement adonnés au vice et apliqués de fauxcetés et faux
tesmoignages quils ont envahi quantité de successions qui ne leur apartenoient pas et
ruyné ou extrémement incommodé beaucoup de familhes qui nont ozé poursuivre nayant heu
asses de moyens pour suppléer a sy grands frais et dispans quil convient demployer en
telles matières tellement qu'il y a plusieurs personnes quy par la prévention de tels
frais ou par lincommodité de leurs maisons nozent réclamer a justice et ce laissent
ensepvelir dans une ruyne lamentable et qui fait déplorer ceste mizere a plusieurs gens
de bien ce quy a haussé le menton et en telle sorte enhardy ses faulssaires quils
contignuent de plus en plus a exercer leurs malices et faulsetés ..Voilla pourquoi afin
darrester sil est possible a ceste mallignitté ou en tous cas pouvoir poursuivre les
punitions de sy énormes et détestables crimes il demande à la Jurade
d'opyner sil sera
â propos quand despans du public on poursuyve tels faulxsaires et en donner la direction
à tel quil plaira à la Jurade eslire et députer." La jurade "opinant et
délibérant d'une commune voix a dit qu'il n'est que trop cogneu que linpunitté de tels
crimes a fait pulluler et acroistre le nombre des faulxsaires et faulx tesmoingts a tel
point quil est cazi impossible que les gens de bien puissent subcister sil ne sy aporte du
remède et de la dilligenca .Au moyen de quoy ladite Jurade a rézolleu que tels
faulxsaires et faulx tesmoingts seront vifvements poursuivis auls despans du public afin
que les particulhers ne sucombent sous le fays de si grands frais et que pour cette ffoit
ledit sieur procureur du roi se joindra avec les oppressés pour en faire les poursu.ittes
requizes et nécessaires..."
10 Mai 1635 - De Boutyé, Chevallier, Laparre et Fabre, consuls.
La dame de Roquefére déclare que l'on n'a pas respecté les droits de banc, boucherie et
souchet qu'elle a dans la présente ville par-arrêt de la Chambre de I'Edit. Elle
prétend que 94 setéres de biens dépendant de son château de Roquefère sont nobles et
exempts de taille.. La Jurade fera respecter par les bouchers les droits de ladite dame
mais s'opposera â ses prétentions en ce qui concerne l'affranchissement de ses biens
prétendus nobles.
- On ira supplier le sieur de Cugnac d'avoir égard
aux ruines de la ville et "soullager du tout ou en partie et tout autant que le
service du roi et ses bonnes vollontes ly pourront obliger..." (il s'agit du logement
de gens de guerre appartenant au régiment de M. de Cugnac).
17 Mai 1635 - La ville a reçu la visite du maréchal des logis du
sieur de Cugnac. On lui fera voir "les commodités et incommodités du logement en la
présente ville ... pour enpouvoir faire son rapport" et deux consuls iront trouver
le sieur de Cugnac "pour le supplier de volloir faire sentir les effets de ses
promesses" (de ne pas être trop â charge â la communauté).
19 Mai 1635 - Les consuls rendent compte de leur démarche auprès
de M. de Cugnac. Ils n'ont pas trouvé celui-ci mais ont été reçus par sa mère, Madame
de Castelnau.
31 Mai 1635 - Le sieur de Mondezir reclame â la communauté 3500 livres
en dédommagement de la démolition de maisons lui appartenant.
9 Juillet 1635 - M. de La Chapelle, premier consul, et
Delagarrigue, jurat, iront "faire la révérence" à Mgr le duc de la Valette,
gouverneur de la province.
Août 1635 - Le sieur de Mondésir a obtenu gain de cause à la
Cour des Aides et la Jurade se soumet â cette décision.
30 Août 1635 - Impositions. Dettes de la communauté.
23 Septembre 1635 - Levée des impôts. Le fils de M de Pechgris
capitaine au Régiment de M de Cuzorn a logé sa compagnie à St Aubin, dans la
juridiction de Monflanquin sans avoir averti les consuls. On chargera M de
Paloque,habitant à St Aubin, de demander au capitaine s'il a un "despartement"
(ordre du roi ou du gouverneur pour cantonner dans une ville déterminée) et s'il ne peut
montrer sa "route", de l'inviter "à desloger sans nulle foulle du
peuple".
21 Octobre 1635 - Plaintes contre les impots jugés excessifs
"et que a cause de l'esterillité de lannée ne se peut lepver". Incertitude sur
le cours des pistoles, sous d'or, pièces de 50 sous, ce qui rend difficile la levée des
impôts. La Jurade décide que ces monnaies seront prises au taux courant sans nul rabais
"afin que le peuple naye ocazion de se plaindre de ceste nouveauté".
- 28 Octobre 1635 - La Jurade
proteste contre la prétention du sieur de Mondésir de faire construire un moulin â vent
dans un jardin qu'il a au bout du tertre; rejette la demande d'exemption de taille faite
par le recteur de St Aubin;envoie le procureur du roi et le premier consul auprès du
gouverneur pour faire alléger les impositions.
16 Novembre 1635 - Me Jehau Brunel s'est plaint au duc
d'Epernon
que des gens masqués,pistolet au poing, l'aient attaqué de nuit, chez lui le traitant de
"gabelleur". On enverra une députation au gouverneur pour détruire cette
calomnie car il n'y a nul désordre dans la ville où i1 existe une garde de jour et de
nuit.
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II/ Les Personnages
Une fois le cadre institutionnel dégagé , il est possible de s'intéresser à la
société, aux personnages qui s'y meuvent, société d'ordres et d'états de ce que l'on
a coutume d'appeler "l'Ancien Régime".
- LOUIS XIII - Fait remarquable le Roi n'est mentionné dans les Registres de la Jurade
que de façon très cursive en Janvier 1635 quand il est question de ` s'assembler pour se
pourvoir devant Sa Majesté, puis en Mars 1639 quand "on enverra une
délégation au Roi ".... un personnage lointain pour les Jurats.
- RICHELIEU - Fait non moins remarquable, l'absence de toute mention de ministre de
LOUIS XIII (de 1626 à 1642), homme tout puissant du royaume; même observation pour
SEGUIER, chancelier de 1635 à 1656, le bras séculier de RICHELIEU.
A l'évidence le système de relations de la Jurade s'inscrit essentiellement dans le
cadre de la province Guyenne-Gascogne.
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- II.1 - clergé et Noblesse
Représentés dans la province par des personnalités de notoriété historique soit
par des personnages de notoriété locale.
II.1a) Notoriété
historique :
. "L'Archevêque de Bordeaux" Henri de SOURDIS aussi guerrier
que prélat, (1629 -1645), un fidèle de RICHELIEU.
. "Monsieur le Prince " Henri de CONDÉ ( I588-I646 ) a
troublé les premières années du Règre; LOUIS XIII continue de se méfier de son
cousin.
. "Le Duc d'EPERNON" (1554-1642 ). Un des seigneurs les plus
turbulents du règne de LOUIS XIII. Gouverneur de Guyenne - Gascogne il meurt disgracié.
. "Le Duc de la VALETTE" ( 1592-1661 ) fils du duc d'ÉPERNON.
Militaire talentueux, gouverneur lieutenant de Guyenne i1 seconde son père mais fera
défection et fuira en Angleterre.
. "Le Duc de la FORCE" ( 1582-I678 ) protestant, rentre dans
la fidélité au Roi et devient Maréchal de Camp.
Au total des personnages bien remuants et le plus souvent dangereux pour la Monarchie.
II.1b) Notoriété locale :
. Parents de personnages historiques: L'Intendant de SOURDIS frère de
l' Archevêque de Bordeaux. Le baron de BIRON descendant d'une famille qui s'est
illustrée sous HENRI IV. Le marquis de le FORCE fils du duc Maréchal de Camp.
. Nobles aux Armées, de passage au fil des années ou appartenant à la
région : le vicomte de FOUCANDE (1627), Monsieur de MONVIAL (1634), Monsieur de
MONTFERRAND Maréchal de Camp (1636) Monsieur de MONTAULT et de THEOBON (1638), Monsieur
de LADOUZE (1639), le comte de VOUNETTE (1640), Monsieur de LAMARQUE et le comte de
TONNERRE ( 1640 ). Tous représentatifs d'une vocation militaire, expression d'un idéal
nobiliaire.
. Nobles et cléricaux de la région, et par ordre
d'apparition sur les
Registres : Monsieur de FAURE Lieutenant Général Royal; Demoiselle de la BASTIDE
et Monsieur; la Dame de MOSSENS ; la Dame de ROQUEFERE; le seigneur de TONNEINS; Messieurs
de SARRAU de BOINET, de PALOQUE; Monsieur de CUGNAC et sa mère Madame de CASTELNAU. Sans
oublier un personnage influent dans la paroisse : Monsieur de LARUE, curé de Monflanquin.
Au total un monde seigneurial qui pèse toujours fortement sur le monde provincial et
rural, mais dont la force politique est grignotée par les officiers Royaux issus du Tiers
Etat.
II.2 - Tiers-Etat
II.2a) Elus à la Jurade :
En 1634, comme tout au long des années suivantes, la Jurade est composée - à
l'exception de Monsieur de FAURE un gentilhomme - de membres du Tiers État ayant droit à
l'appellation de "Bourgeois" avec les honneurs de la Cité et voix à
l'Assemblée : un officier "noble de POUTAJOU"; des médecins ou avocats se
faisant appeler "Maîtres"; des notaires, greffiers ou procureurs portant
ensemble le nom de "Praticiens" ; et tous les autres "Bourgeois" et
"Sieur"...
Sont exclus de cette oligarchie les "vils gens" : paysans, gens de métiers,
gens de bras; ne parlons pas des "Gueux".
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- II.2b) Dans la Paroisse :
- Les Bourgeois : "Maître VERNET fermier de la Seigneurie de BOYNET"
c'est à dire ayant affermé la perception des droits de cette seigneurie. "DUDUC
greffier des Tailles"; "Sieur LAPAULNE qui enseigne"; "le Sieur de
MONDESIR" qui prétend faire construire un moulin à vent; "Sieur de
MAYONNADE" sous les ordres de qui est la milice ...
. Les Vils gens : "Les charpentiers" dont la Jurade étudie
les devis (1635); "les bouchers ... les hostes aubergistes ... les boulangers"
dont on se plaint (1638). Et surtout ceux qui "gens de bras", tout en bas de
l'échelle sociale sont choisis par les Jurats pour aller en
guerre 3 ou 6 ans : les CHARLET dit LARAREUVE et autres POUBY dit, en Septembre 1639,
"LARIBIERE d'Agen". Chacun avec précisions signalétiques les faisant
émerger de l'anonymat comme pour "SARETTE de la paroisse St André de Monflanquin,
un peu barbu, du poil noir et de haute taille-..."
II.2c) Dans la Province :
Le monde des notables bourgeois se prolonge dans les autres Jurades et paroisses de la
Sénéchaussée, avec une organisation identique à celle de Monflanquin; que ce soit à
Penne, Villeneuve, Villeréal, Castillonnès etc....
Et, au delà de la Sénéchaussée, dans toute la province : "les Élus
d'Agenais" dont les prétentions sont contestées (1634); "les collecteurs"
à qui il sera prêté aide dans leur tâche (1636), "le Président en la
Sénéchaussée d'Agenais" Monsieur de BOISSONNADE dont dont les ordres seront
respectés (1637); "le Juge-mage d'Agenais" dont l'ordonnance est portée à la
connaissance des Jurats (1639).
L'oligarchie bourgeoise, sous tutelle royale, s'affirme !
Société d'ordres et d'états, société où aristocratie et bourgeoisie se côtoient,
s'observent. Les acteurs sont en place il est maintenant possible et souhaitable de les
voir en action.
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- Annexe : Texte de Melle Bourrachot (1962)
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- 1636
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- 3 Janvier 1636 - Consuls : nobles
Pierre de Raymond de Falmont, François de Paloque sieur de la
Salvetat, Antoine Lustrac,
Me apothicaire, Brunel procureur au présidial et Me Isaac Conte. Passation des pouvoirs.
Les nouveaux consuls iront faire la révérence au duc d'' Epernon et lui demander s'il a
pour agréable leur élection consulaire.
- 31 Janvier 1636 - Compte-rendu du
voyage auprès du duc d'Épernon. Affaires diverses.
11 Février 1636 - M de Montferrand a envoyé à Monflanquin le sieur
Lissandre, gendarme de la compagnie du duc d'Epernon, pour préparer le logement de cette
compagnie. La Jurade proteste de son obéis sance et se préocupe du financement de ce
cantonnement.
13 Février 1636 - Même affaire. Cloture des comptes de la précédente
année.
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- 14 Février 1636 - Logement de la
compagnie de gendarmes.
20 Février 1636 -Emprunt pour couvrir les frais de ce logement.
24 Février 1636 - La compagnie de gendarmes a "deslogé" la
veille. On remerciera M. de Montferrand qui a limité le séjour de la compagnie à
Monflanquin. Questions financières se rattachant â ce passage de troupes.
27 Mars 1636 - La juridiction de Monflanquin devra fournir 18 soldats qui
seront conduits au Port de Penne. Paiement des frais que causera cette levée. On fera un
procès-verbal des désordres et ravages dus aux gens de guerre dans les paroisses de la
Sauvetat et Corconat.
17 Avril 1636 - Copie du "Règlement des gens de guerre". La
délibération de ce jour n'a pas été transcrite.
8 Mai 1636 - Mr le baron de Biron rassemblera 3 à 4 compagnies de son
régiment à Monflanquin. On se conformera au susdit règlement des gens de guerre.
11 Mai 1636 - Logement des compagnies de Biron.
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- 16 juin 1636 - Questions
financières.
26 Juin 1636 - Discussion au sujet des frais de déplacement d'un jurat
qui doit se rendre auprès de la Cour des Aides.
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- 13 Juillet 1636 - Procés en cours
contre les consuls des années 1624 et 1625 au sujet de la reddition de leurs comptes
imposition sur la communauté pour l'entretien de la compagnie de gendarmes de feu le
maréchal de Thérmines.
27 Juillet 1636 - Les consuls epresteront main et ayde aulx collecteurs a
fere payer les reffuzans les deniers et tailhes du Roy". On réparera le clocher
pour-éviter sa ruine imminents. Le dimanche prochain , à l'issue de la messe, on mettra
en adjudication au rabais : l'arpentement de la juridiction et la réfection du cadastre.
Le consul qui a fait le voyage de Libourne devra se contenter de 32 sols par jour pour ses
frais de déplacement.
5 Août 1636 - En 1627 le vicomte de Foucaude étant dans la ville avec
une garnison fit démolir l'h8pital. On suppliera M de Raymond, trésorier des finances en
Guyenne, de passage à Monflanquin, de dresser procès-verbal de cette démolition pour
que la communauté puisse se pourvoir devant le Conseil du roi.
7Août 1636 - Examen de pièces comptables d'années
précèdentes. La
communauté a été condamné à payez, 200 livres de gages au sieur de
Lasvergnéres.
7 Août 1636 (après-mid - Noble Pierre de Ramond de
Folmont, sieur de Montsenat, Me Pierre Rouzières, notaire royal, Antoine de Lustrac et Isaac
Coute,
bourgeois, consul de la ville, confient â Me Pierre Salesses, Etienne Canet, bourgeois et
Pierre Yssartier, marchant,l'arpentement de la ville et de sa juridiction â raison de 5
sous 6 deniers par seterce. Les adjudications seront tenus de fournir dés le premier jour
des arpenteurs, "gens capables et sans reproche". Les consuls seront avertis
pour pouvoir assister aux travaux s"ils le désirent. Les adjudicataires feront payer
paroisse par paroisse les tenanciers des biens arpentés. Pour les vaquants et nonvaleurs
la communauté en paiera l'arpentement. Le cadastre devra être remis aux consuls le 1°
Mai 1637, avec suffisamment de papier blanc pour y inscrire ensuite les mutations.
21 Août 1636 - Page annulée. Pas de délibération.
12 Octobre 1636 - Le duc d'Epernon demande qu'on lui envoie un état des
hommes armés que la communauté peut lui fournir pour la guerre contre les Espagnols.
16 Octobre 1636 - Après consultation des consuls de Villeneuve et
d'Agen sur la conduite à tenir, on fera un rôle de 70 hommes de pied et on dressera un
état des armes dîsponibles. Le premier consul conduira les soldats là o$ le gouverneur
de la province le lui ordonnera. On paiera un mois de solde d'avance.
26 Octobre 1636 - La délibération n'a pas été transcrite.
2 Novembre 1636 - Les consuls d'Agen ont appris par un consul de Cahors
que "les Espagnols ennemis de la France ont prins St Jehan de LUS, Entaye et autres
bourgs des environs en telle sorte quil est requis une prompte
dilligence..."
6 Novembre 1636 - La Jurade refuse de loger trois compagnies de gens de
pied se trouvant â Villeréal s'ils n'ont pas un ordre écrit du duc
d'Epernon.
7 Décembre 1636 - Ordre du duc d' Epernon de loger la compagnie du sieur
d'Hauterive, du régiment de Guyenne. On remettra â ce capitaine, à l'entrée de la
ville 20 hommes capables deservir le roi.On suppliera le duc d'Epernon de "donner du
sollagement" â la communauté â cause de "la misère du lieu".
11 Décembre 1636 - Logement des soldats. Questions financières.
On enverra le sieur de Labarthe voir le capitaine d'Hauterive pour le prier d'aider la
communauté à obtenir du "soulagement". Une autre compagnie,celle de Mr de
Monvial est également annoncée.
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- 1637
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- 5 Janvier 163'7 - M de
Boysson,
notaire et consul, dit qu'il est seul, les autres consuls élus, les sieurs de
Canabazés,
Martines, Floissac, Vernhol et Fournyé, n'étant pas venus prêter serment de fidélité
aux rois., Ils seront poursuivis en justice s'ils persistent dans le refus d'exercer leur
charge. La garnison qui est ici depuis trois semaines coûte 12 écus par jour et les
vingt hommes fournis par la communauté ont déjà coté cent écus. On enverra le sieur
Debaulx,curé du Laurier, auprés de MM les Gouverneurs pour demander â être déchargés
de ces frais. La communauté, sur ordre de M de Boissonnade, président en la
sénéchaussée d'Agenais, la communauté devra fournir 10 524 livres de blé,rendu â
Villeneuve , pour la subsistance de l'armée devant Bayonne.
- 8 Janvier 1637 - Difficultés pour
l'entretien des gens de guerre de la compagnie d'Hauterive qui est là depuis un mois et
restera encore au moins 15 jours. Certains habitants refusent de payer les taxes et de
livrer du blé.
20 Janvier 1637 - Une nouvelle compagnie est venue loger â Monflanquin.
Quant au sieur d'Hauterive il ne veut pas "deloger" tant qu'on ne lui a pas
payé 270 livres d'arriéré. Les consuls ont des difficultés à faire rentrer cet
argent,certaines paroisses étant"réfractaires" au paiement de leur part.
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- 22 Janvier 1637 - Nomination du
sieur de Barres catholique comme 3e consul â la place du sieur
Vernhol, décédé. Le
sieur Floissac allègue qu'il est septuagénaire. Le sieur Barres ne veut pas accepter sa
nomination car les comptes qu'il a présentés comme consul d'une précédente année
n'ont pas encore été approuvés. La Jurade décide qu'il siégera quand même. On
enverra une députation.
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- 5 Février 1637 - Dettes de la
communauté; procés par les créanciers.
8 Février 1637 - La juridiction est taxée â 1052 livres 8 sols avec le
sou pour livre pour l'entretien des gens de guerre "en larmée qui est vers
Bayonne". Le 13 les consuls se réunissent pour calculer la répartition de cette
somme. Le 15 les jurats sont convoqués pour donner leur avis sur cette répartition.
19 Février 1637 - Impositions.
1e Mars 1637 - Difficultés au sujet de la reddition de comptes des
consuls.
19 Mars 1637 -Les gouverneurs de la province annoncent l'arrivée de 10
compagnies du régiment du seigneur de Tonneins. Les jurats se plaignent que la ville est
trop peu peuplée pour supporter une pareille charge. Toute la juridiction devra
contribuer à la dépense,les plus fortunés ("les principaux") avançant
l'argent nécessaire qui sera ensuite récupéré au prorata du montant de la taille.
30 Avril 1637 - Jean Contensou, comme un des tuteurs de son petit-fils
noble Jean Sarrau, sieur de Gibel, devra fournir un dénombrement des biens qu'il prétend
nobles .
...les pages suivantes sont très détériorées. .....
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- En mai les consuls vont supplier M.
de St Orens d'épargner "cette pauvre communauté" qui doit recevoir les trois
régiments de NAVAILLES, du Vigan et de Montignac. Finalement ce seraient les paroisses de
St Sernin, Savignac et Lamothe-Frey qui auraient supporté seules la charge de ces
logements militaires. Reclamation de leur part.
- 3 juillet 1637
- Délégation de la Jurade envoyée à Casseneuil auprès de Mme de
Motferrand et déplacée à Bordeaux pour la trouver. Pour faire
connaître les menaces adressées par les séditieux - favorables à
Buffareaux - aux consuls , jurats et tout habitant s'opposant à eux, M.
de Passelaygue ayant été blessé d' un coup de pistolet. Demande de
mener à Bordeaux les prisonniers Laffon et Bon, aux frais de la
communauté. texte
de la jurade
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En août la Jurade s'occupe de la levée des tailles, du remboursement de
frais avancés par .les consuls, de la liquidation de certaines dettes de la communauté.
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- En novembre - M de Montferrand
convoque les consuls pour qu'ils s'expliquent au sujet d'une lettre écrite par Mgr
d'Epernon à M de Montferrand pour demander â celui-ci de s'enquérir de la conduite des
consuls qui n'auraient pas voulu exercer leur charge. Ceux-ci se défendent de cette
"calomnie" et M. de Montferrand leur conseille d'aller présenter leur défense
à M. d'Epernon lui-même.
Le syndic des religieux Augustins attaque les consuls devant la cour de l'Élection d'Agen
afin que les religieux soient déchargés de toute imposition.
Une députation ira remercier M. et Mme de Montferrand de leurs bons offices. Une autre
ira protester de son obéissance envers M d'Epernon et le remerciera "de la justice
qu'il a fait rendre a ceste communauté en la deschargeant de deulx insignes pertubateurs
du repos publiq dont lexemple servira de terreur a ladvenir a leurs complices".
13 Décembre 1637 - On députe un consul
pour aller à Agen discuter de la répartition des frais d'entretien de 13 compagnies du
régiment de Guyenne.
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- X X
X
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- III/
Les problèmes de la société
Institutions et personnages mis en place, les tensions de cette société du
XVII°
siècle peuvent être appréhendées dans leurs grandes lignes. En effet les
problèmes ne
manquent pas : bourgeois/nobles ... catholiques/protestants ... et surtout la poussée
centralisatrice de la Monarchie.
III.1 - Bourgeois et Nobles
III.1a) Aspirations bourgeoises :
- Juridiquement l'ordre de la Noblesse est le second après
celui du Clergé; socialement il est le premier et celui vers lequel tous tendent. Les
officiers, les bourgeois, les marchands se qualifient volontiers de "Noble tel"
ou bien de "Sieur" tandis que leurs épouses par usurpation se font appeler
"Madame".
"Noble Nicolas de PONTAJOU consul de Monflanquin, Sieur de LACHAPELLE..." - et
tous les autres membres de la Jurade ( Janvier 1634 ) - ouvrent la série des
bourgeois de Monflanquin caractérisés par cette attirance vers la Noblesse, manifeste
dans ce besoin de faire précéder leur nom de la sorte .
Très symptomatique à cet égard le cas de "Madame de CAPDEPORT" qui loue sa
cave à la Jurade (Janvier 1639 ). "Madame" titre réservé aux dames nobles,
alors que "Maître David CAPDEPORT fils de feu Maître Isaac, notaire" remet en
Avril 1640 des archives aux Consuls. "Madame", titre donc utilisé abusivement
par une bourgeoisie aspirant à l'anoblissement.
Contre cette tendance s'insurgent les gentilshommes qui qualifient même les Nobles de
Robe de "Bourgeois".
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- III.1b) Aspirations
seigneuriales :
- Sur la défensive, face à la montée du Tiers État,
l'aristocratie poursuit, en même temps, son conflit avec les communautés. Il
s'agit pour elle de faire valoir les droits seigneuriaux sur des terres soigneusement et
anciennement délimitées, qui constituent une propriété "Noble" et une zone
de juridiction.
En 1634, outre le procès de la Jurade devant la Cour des Aides contre "Maître
VERNET fermier de la seigneurie de BOYNET" il y a le procès "contre la
demoiselle de la BASTIDE qui prétend être déchargée de la taille..." puis
"la requête contre la Dame de MIOSSENS qui demande à être exemptée des tailles
pour les biens qu'elle possède". Il s'agit ici de faire reconnaître les droits de
certaines terres nobles à ne pas être taxées, dans une région de taille réelle où
cet impôt direct porte seulement sur les biens fonciers.
En 1635, "la Dame de ROQUEFERE déclare que l'on a pas respecté les droits de banc,
boucherie, souchet qu'elle a dans la présente ville...". I1 s'agit là de rappeler
l'usage - obligatoire et payant - d'installations lui appartenant, même pour ceux qui
possèdent leurs installations personnelles.
Quant à la Dame de MIOSSENS, outre sa demande d'exemption de taille elle veut
"s'approprier la justice moyenne et basse des paroisses de St Eutrope, St
Just,
Barbas, Taradel, Salles, Roquadet qu'elle allègue luy avoir este uzurpé au temps des
mouvements des guerres des Anglois". I1 s'agit cette fois de droits selon lesquels le
seigneur est juge de ses censitaires, des paysans travaillant sur ses terre; en somme le
rôle des futures justices de paix.
Réponses de 1a Jurade : elle fera "respecter par les bouchers les droits de ladite
Dame de ROQUEFERE" mais par contre "les nobles, et en particulier la dame de
ROQUEFERE, qui prétendent être exemptés de la taille, devront fournir une copie du
dénombrement des biens pour lesquels ils ont fait hommage au Roi". En effet alors
que dans la France du Nord domine l'adage célèbre "Nulle terre sans seigneur"
c'est l'adage inverse qui régit la Guyenne "Nul seigneur sans titre".
D'une façon générale, dans ce conflit juridique sur les droits seigneuriaux, les
Consulats bourgeois, les Jurades semblent avoir souvent gagné la bataille; chaque fois
qu'il y avait exigences sans preuve.
III.2 - Présence Protestante
III.2a) en Guyenne :
Constituées dans toutes les régions de France, les Églises Réformées sont présentes
dans l'ensemble de la Guyenne, avec un recrutement assuré dans tous les milieux : nobles
comme artisans, bourgeois comme paysans. Insupportable à la conscience Catholique
"l'hérésie protestante" est considérée comme un mal à contenir, voir à
résorber; même si les protestants jouissent d'une paix relative entre 1630 et 1660 dans
le cadre de l'Edit d'Alès (1629).
-
- III.2b) à Monflanquin :
- Cette paix est garantie entre catholiques et protestants par
les Chambres de l'Edit (de Nantes), chambres de justice mi-partie - catholique et
protestante - installées à travers le Royaume. Monsieur de SARRAU est conseiller à
celle d'Agen (1638).
Cependant la pression catholique se fait sentir. En Janvier 1635 "le gouverneur
enjoint aux Consuls et Jurats catholiques de s'assembler pour se pourvoir devant Sa
Majesté contre certaines lettres patentes obtenues par ceux de la Religion Prétendue
Réformée..."; à partir de Mars de la même année il y aura à la Jurade de
Monflanquin "Six Consuls : quatre catholiques et deux de la R.P.R ...."
En Janvier 1641, précision est faite qu'au nombre les catholiques ajoutent la préséance
: "ont été élus Maître Isaac MARET juge de Pujols et Pierre DELPECH marchand, de
la R.P.R. pour tenir les 5° et 6° rangs; il reste à procéder à l'élection de quatre
Consuls catholiques pour occuper les quatre premiers ranis ..."
III.3 - La poussée centralisatrice.
III.3a) Rapports
Gouverneur/Jurade :
En Janvier 1634 "le duc d'EPERNON, gouverneur de Guyenne, est arrivé dans le pays,
le Sieur de la CHAPELLE est prié luy allé faire la révérence de la part de cette
communauté..."
En Mai 1634 "la communauté demandera l'autorisation de lever l'impôt pour les
réparations du clocher et au pont de Beyssac", autorisation la plupart du temps
automatiquement accordée mais démarche qui dénote une restriction des pouvoirs de la
Jurade, même pour des affaires purement locales.
-
- III.3b) Rapports
Intendant/Jurade :
Les gouverneurs, de grande famille, fortement indépendants à l'égard du Roi, sont
progressivement doublés par des Intendants nommés par le pouvoir central dont ils sont
fortement dépendants.
La tutelle de la Jurade va glisser progressivement au profit de l'Intendant qui
apparaît dans l'horizon institutionnel monflanquinois en Mai 1638 quand "on demandera à
l'Intendant une réduction des impôts..." Puis en Juillet 1640 "la communauté
ayant obtenu de l'Intendant de SOURDIS d'être déchargée du Régiment de Clermont, pour
faire appliquer cet ordre deux Consuls font le voyage à Bordeaux et obtiennent
confirmation de l'Intendant."
Le Gouverneur puis progressivement l'Intendant... Quoiqu'il en soit la marge de
manœuvre de la Jurade se restreint devant la poussée du pouvoir central.
A ces tensions s'ajoutent des difficultés sur le plan économique et financier sur
lesquels il faudra se pencher pour compléter le tableau de la Société f4onflanquinoise
du XVII° Siècle.
-
- Annexe : Texte de Melle Bourrachot (1962)
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- 1638
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-
- 3 Janvier 1638 - Ordre à la Jurade
de fournir dans 3 jours 8'77 livres pour la subsistance des dites compagnies logées à
Villeneuve, Marmande Penne, Tournon et Port Ste Marie. Plainte contre les bouchers
qui"vendent la chair a fort haut prix' bien que ils achepdent le bestalh a fort vile
prix,"font mépris" de la taxe fixée par la Jurade et de la Jurade ellemême.De
même les hostos (aubergistes achètent le vin à bas prix, au plu haut cours à 3 livres
et demi et le revendent deux sols le pot.De même les boulangers font le pain "si
petit que sy le bled estait a cinquante souls ou un escu".
7 Janvier 1638 - Démarches auprès de M. de Montferrand et du duc
d'Epernon; les consuls reviennent avec "force tesmoignage daffection pour ceste
communauté" (compte-rendu du 28 Janvier).
- Une délibération entièrement raturée.
-
- 18 Février 1638 - Deux jours de
délai aux consuls pour payer la somme déja réclamée le 3 Janvier. Difficultée pour
trouver cet argent.Un consul se plaint qu' on ait affirmé "a un grand vil prix"
les revenus de la ville; propose de les remettre aux enchères. On décharge de sa
quote-part de la somme susdite un serviteur de M. de Montferrand en considération de
l'intervention de son maître.
7 Mars 1638 - L'assiette de la taille se monte à 1'765'7 livres 1'7
sols. M de Labastide, premier consul doit aller à Cahuzac, où est le duc de la Valette,
gouverneur de la province, pour l'assurer de l'obéissance de la communauté et de sa
fidélité.
21 Mars 1638 - Subsistance du régiment de Guyenne. Menace à la requête
des consuls de Castillonnès, d'envoyer la compagnie qu'ils ont chez eux à Monflanquin
pour obliger la communauté à payer.
1er Avril 1658 - Le premier consul de Castillonnès vient avertir la
Jurade que la compagnie de gens de guerre vient loger à Monflanquin faute d'avoir payé
entièrement la charge financière qui leur incombe. Les consuls donneront 1'argent qu'ils
ont pu lever jusqu'ici et poursuivront l'action qu'ils ont intentée contre les excès et
violences précédemment exercés par les soldats..
29 avril 1638 - Le premier consul ira à Bordeaux, où "toutes les
communautés s'acheminent", pour saluer M le Prince et "recevoir son
commandement". "Le sieur Causse,de Ralliette,ayant été capturé et pris
prizonnier par les sieurs consuls de Castilhonnès a deffault de leur payer ce que la
présente ville et juridiction doit fournir à la garnizon quils ont audit Castillonnès,
ledit sieur Causse les a sommes de le vouloir indemnizer de ses frais et dommages..."
L'arpenteur,travaillant dans la paroisse St Sulpice de Rivelède, a été attaqué par 2
bourgeois de Villeneuve qui lui ont déchiré tous ses papiers.
- 1er Mai 1638 - La compagnie de
chevaux-legers du Prince de Condé vient tenir garnison. On enverra le premier consul â
Bordeaux pour exposer au prince les difficultés qu'imposent â la communauté l'entretien
de tant de militaires.
3 Mai 1638 - La compagnie de Condé exige un taux journalier d'entretien
supérieur à celui fixé par les ordonnances royales.
4 Mai 1638 - Le capitaine de la compagnie de Condé exige le paiement des
subsistances pour 15 jours d'avance. Les habitants seront contraints de faire cette avance
et on demandera à la compagnie de Condé de prêter au besoin main forte à cette levée
d'argent. il s'ensuivra certainement des actions en justice contre la Jurade ou les
collecteurs en raison des irrégularités de cette levée.
23 Mai1638 - Suite de cette affaire. Faut-il faire payer même la
noblesse et ceux qui sont exemptés du logement des gens de guerre? On demandera à
l'intendant une réduction des impositions. On décide que les charges seront également
réparties et "les dits sieurs con suls feront en sorte que force demeure au
Roy" bien qu'on craigne une rébellion de la noblesse. On priera les créanciers de
la communauté qui lui ont intenté des procès "de volloir donner quelque
relasche... et ce faisant consentir qu'on sorte d'affaire à l'amiable". On demandera
à M de Sarrau,conseiller en la chambre de l'Edit, de s'entremettre dans cette affaire.
30 Mai 1638 - Impositions, logements de militaires.
10 Juin 1638 - Le sieur Labaubette, capitaine d'une compagnie de
chevaux-légers du Régiment d'Epernon, en garnison dans la ville et sur le point de
"desloger", requiert les consuls "de luy volloir balhier le certifficat
comme quoy il ny a nul subjiet de plainte contre les cabalhers de ladite compagnie".
-
- 27 Juin 1638 - Plusieurs compagnies
du Rgt de Ventadour ont logé dans la juridiction sans présenter aucun ordre écrit. Les
soldats ont commis beaucoup de dégats et usé de violences à l'égard des personnes chez
qui ils étaient logés (toits abattus,incendies,extorsions d'argent) "et en ung mot
fait comme sy sens esté en pays de conqueste". Le consul Laurens ira porté les
plaintes des habitants à M le Prince et demandé justice.
3 Juillet 1638 - Le consul Laurens et le curé,M de Larue,sont allés
"représenté la mizère du peuple" à M de Montault, premier capitaine du Rgt
de Ventadour, qui loge à St Eutrope. N'ayant rien pu obtenir de lui, on essaie auprés de
l'aide-major du Rgt qui promet de faire "desloger" les compagnies moyennant 400
livres. La Jurade accepte unanimement le marché qui devait être conclu avant le
lendemain 6h du matin , selon les exigences de l'aide-major.
11 Juillet 1638 - On s'occupe d'envoyer une députation au duc
d'Epernon.
Llargent du voyage sera pris sur la somme réunie pour remplir la promesse d'un paiement
de 400 livres aux gens de gyerre. Le régiment de Ventadour exige le paiement de cette
somme (il semble que la jurade ne soit nullement décidée à tenir cette promesse).
22 Août 1638 - Convocation pour le 25 août â Agen pour y effectuer la
répartition de la levée d'un contingent de 1200 hommes.-Le sieur Causse de Ralliet a
été emprisonné par ceux de Castillonnès pour une affaire de logement de gens de
guerre. Il réclame une indemnisation.
2 Sept1638 - La juridiction de Monflanquin devra fournir 35 hommes pour
la levée ci-dessus. Monflanquin sera un des centres de regroupement de ces recrues.
12 Sept 1638 - Le sieur Dubreulh de Moletes conduira les soldats;il lui
sera adjoint le sieur de Boudron. Les recrues qui refuseront de partir seront
emprisonnés.
14 Octobre 1638 - Affaires concernant la solde et l'équipement des 35
soldats de la juridiction de Monflanquin. Vente des matériaux provenant de la démolition
de l'ancien hôpital.
31 Octobre 1638 - Necessité de poursuivre l'arpentement des paroisses St
André et St Avit qui sont les plus importantes, pour permettre une meilleure levée des
tailles. Discussion sur l'achat d'une maison destinée à servir d'hôpital. M de
Labasti.de,premier consul et M de Persy,ministre,seront priés de représenter la ville
auprès de M 1e Prince et d'aller lui faire la révérence à Bordeaux.
9 Novembre 1638 - MM de Labastide et de Persy rendent compte de leur
voyage. Ils annoncent l'arrivée de 2 compagnies du régiment de
Navailles. Les consuls
écrivent une supplique au prince de Condé lui rappelant qu'en six mois "ce
misérable lieu de Monflanquin" a dû payer 2500 livres pour l'entretien d'un
régiment en garnison à Villeréal, héberger pendant un mois et demi une compagnie de
chevaux-légers ce qui coûta 5880 livres, et supporter pendant dix huit jours les
déprédations et ravages du régiment de Ventadour qui se montèrent à 12000 livres de
dégâts.
18 Novembre 1638 - Logement des troupes. La compagnie de Chaufour
comprend 2 capitaines, un lieutenant, un enseigne, 2sergents, 3 caporaux, 3
cuispessades,
un tambour et 38 soldats. L'entretien des 2 compagnies coûtera 38 livres 2 sols par jour.
20 Novembre 1638 - Le sieur de Labastide et M de
Persy, ministre,sont
allés rendre visite au marquis de la Force et à M de Théobon pour se concilier leurs
bonnes grâces en faveur de la communauté. Démarche à faire auprès des 2 capitaines de
compagnie pour quils fassent cesser le :feu de 1a garde en raison du gaspillage de bois
que cela provoque. Les soldats ont entre autres brûlé le plancher de la galerie de la
maison de ville,la plus grande partie de l'escalier et 6 bancs de la boucherie, dommage
qui se monte à plus de 200 livres.
6 Décembre 1638 - Mêmes affaires.
9 Décembre 1638 - La jurade est avisée que la veille le sieur
Vigoulette, consul "a été constituer prizonnier au lieu de Cancon par ceulx de
Castillonnès souls prétexte qu'ils dizent la communauté leur devoir certaine somme de
la subsistance de leur garnizon."
30 Décembre 1638 - Procés divers soutenus par la communauté.
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- 1639
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- 6 Janvier 1639 - Consuls : noble
Jacques de Neymet, sieur de Cautare, Me Jean Dupau avocat, Isaac
Issartier, marchand et M
Pierre Ducondut. Envoi d'une députation saluer le duc de la Force. Levée d'argent pour
le logement des troupes. On fournira aux officiers un local pour servir de prison pour
leur permettre de "réprimer l'insolence de leurs soldats." La jurade louera à
effet la cave de Madame de Capdeport.
9 Janvier 1639 - Compte Rendu de la visite faite à MM de la Force.
23 Janvier 1639 - Procés. Logement des gens de guerre. Certains ,jurats
proposent qu'il "y ait une hostellerie destinée pour recepvoir les gens dhonneur
estant passagers et pour recepvoir aussy ceulx de la présent ville qui dezireroient y
estre receus et traister leurs amis".
3 Février 1639 - Diverses affaires financières.
20 Février 1639 - Contestations avec divers consuls des années
précédentes sur la reddition des comptes.
- 13 Mars 1639 - On enverra en
députation au roi le sieur de Canot pour obtenir des adoucissements aux arrêts de la
Cour des Aides au. sujet des împositions. La communauté contraindra tous les
contribuables â payer à proportion de leurs biens les sommes destinées à la
subsistance des gens de guerre, nonobstant toutes examptions ou privilèges.
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- 24 Mars 1639 - Voyages â Paris, à
Bordeaux et auprès de M de Monferrand pour les affaires de la communauté.
17 Avril 1639 - Par ordre de l'archevêque de Bordeaux,
lieutenant-général du roi en ses armées de Béarn et de Guyenne, les communautés
devront avancer de dix en dix jours le prêt des troupes qu'elles ont en garnison en
attendant qu'il plut â sa majesté d'y pourvoir.
28 Avril 1639 - Le procureur du roi, désigné pour faire le voyage de
Paris, se récuse.
8 Mai 1639 - Ordre de Mgr l'évêque d'Aire et du president Boissonnade
d'amener â Agen le dimanche suivant 21 3/4 (sic et 4 pionniers 1/4 (sic) armés et
habillés, ainsi qu'une somme de 1482 livres 3 sous.
12 Mai 1639 - Les soldats des 2 compagnies du Rgt de Navailles ont reçu
l'ordre de départ mais ils ne veulent "desloger" sans que la communauté leur
aie payé certains frais de subsistance et ils causent des désordres dans la ville.
26 Mai 1639 - Affaires militaires.
29 Mai 1639 - On s'entendra avec les consuls de Penne, Villeneuve,
Villeréal et Castillonnès pour que les communautés présentent ensemble un seul état
"des foulles par eux et nous souffertes".
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- 6 Juin 1639 - A Agen se sont
rassemblés les représentants des 12 principales communautés de la sénéchaussée (dont
Monflanquin).
24 Juin 1639 - On a réuni 21 soldats de milice sous les ordres du sieur
de Mayonnade lequel, au moment de partir, réclame des frais de route.
28 Juillet 1639 - Les consuls de Villeréal avertissent que le Rgt de
Ladouze va être logé partie chez eux,partie â Monflanquin.On enverra une députation â
M de Ladouze pour qu'il montre un ordre de logement en règle émanant du roi ou de Mgr le
Prince.
11 Septembre 1639 - Ordonnance du juge-mage d'Agenais
contre les soldats qui ont déserté arrestation,emprisonnement,saisie du tiers des
biens,prime aux dénonciateurs. Revision des comptes de feu Pierre de Becais et
remboursement de ce qui lui était dû â Marguerite Amblard, sa veuve, et Jeanne de
Becais, sa fille.
- Liste des soldats fournis par la communauté :
Pierre Lamarquade, Pierre Charlet dit Lagareuve, Jacques Pieton dit Lacouture Jean Aurade
dit Laruyne, Jean Nouyrit dit Roquefort, Jean Bessies dit Laroze, Jean Faulon dit
Gismond,
Bertrand Pouby dit Laribière d'Agen Jacob Fournel dit Lagrèze, Armand Brethouye dit
Laroze, Antoine et François Hebrard, fréres, dit la Jeunesse et
Laribière, Pierre
Lafage sergent (un mot déchiré) dit Lamontagne, Abraham Astore dit
Lafolie,
Guillers Del Cros dit la Bonté, François Dané, S... Dorliac, Bernard Gary dit
Bardy,
Micheau Brousse dit la Grifoulliere et Isaac Plagnes.
15 Septembre 1639 - On arrête comme déserteur un soldat du Rgt de
Navailles nommé Soudalhié qui n'avait pas suivi son unité. On le fait conduire â Penne
avec un autre nommé Delcros. Plusieurs soldats de la milice ont déserté et les consuls
les font rechercher mais sans succés.
29 Septembre 1639 - On recrute des soldats pour combler les vides dûs â
la désertion :
- -Jean Hebrard dit Larozee, de la Vinyette paroisse
de St Eutrope; de moyenne taille, un peu de barbe rousse - Berthomyeu Tournayrie dit
Labaysse, de la ,juridiction de Casseneuil sans barbe, poil rouge, de haute taille
-Léonard Bonaffe dit Laramée,de la paroisse de Crosillac, sans barbe poil
chastain, de
haute taille. - Jehan Amouroux dit Laribière, de Castelnau de
Grattecambe, taille moyenne chatain. - Sarette, de la paroisse St André de Monflanquin, un peu barbu, de poil noir et
de haute taille - Jehan Amade dit Laruyne, tireur de laine de Mauvezin en Gascogne -
Pierre Lafage, cordonnier, de Monflanquin -Isaac Plagnes
1 Octobre 1639 - Il y a plusieurs maisons nobles où les
soldats enrôlés récemment se réfugient pour éviter de partir au service. Les consuls
font commandement aux nobles et autres habitants de la juridiction de
s'emparerdes
déserteurs et de les remettre â la justice.
1'7 Novembre 1639 - Entre cette date et la précédente aucune délibération mais
inscription d'arréts du Conseil d'Etat du roi prescrivant à la communauté de M de
procéder dans un délai de 6 mois â la liquidation de toutes ses dettes dont le
remboursement sera échelonné sur dix ans avec paiement de l'intérêt des sommes dues.
Plus personne ne voulait dans la juridiction accepter la charge de consul en raison des
frais élevés â engager sans être "sûr d'en obtenir le remboursement
18 Décembre 1639 - Les pages suivantes sont trop abimées
pour être déchiffrées complétement. Il y est question des dettes de la ville.
19 Décembre 1639 - Discussion sur l'établissement d'un rôle des
créanciers.
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- X
X
- X
-
- IV
/ Les difficultés Financières
Décrire une société c'est faire un tableau de ses institutions, ses personnages, ses
tensions majeures, mnais c'est aussi aborder les problèmes d'économie et de finance :
monnaie, prix, impôts. Autant de questions qu'affronte quotidiennement la population et
qui transparaissent dans les Registres de la Jurade de Monflanquin.
IV.1 - La monnaie dévalue.
IV.1a) Tableau général :
La complexité du système monétaire au XVII° nécessite,
avant que d'aller plus loin, une ébauche de classification pour le lecteur non averti; en
distinguant monnaie de compte et monnaie métallique.
. Monnaie de compte : Sert de référence pour les créances et les
paiements, quelles que soient les espèces avec lesquelles elles devront être
acquittées... La livre Tournois qui, à l'époque de RICHELIEU, vaut 8 grammes d'argent;
cette livre est divisée en 20 sous ou 144 deniers. ( I sou valant 12 deniers ).
. Monnaie métallique. Faite de oillon, argent, bronze, elle se compose
de sou, liard, patard et leurs divers multiples dont la pièce de 50 sous mentionnée par
la Jurade en l635. I1 existe également des pièces d'or: pistole, écu, sou d'or.
IV.1b) à Monflanquin
:
Le 2I.IO.I635 : "incertitude sur les cours des pistoles, sous d'or, pièces de 50
sous... la Jurade décide que ces monnaies seront prises au taux courant sans nul rabais
que le peuple n'aye de se plaindre de cette nouveauté".
L'incertitude dont se plaint la Jurade en cette année 1635 est liée d'une part à ce que
jusque vers 1640 les pièces sont mal frappées au point que d'habiles artisans peuvent
les rogner et les tremper (d'où la nécessité de fines balances de marchands pour
éviter la tromperie, sur des pièces n'ayant plus leur poids de métal) et d'autre part
à ce qu'aucune pièce de monnaie ne porte de valeur fiscale, la valeur de chaque pièce
étant fixée par ordonnance royale, moyen commode pour les dévaluations et surtout les
spéculations.
Incertitude, spéculation auxquelles la Jurade espère mettre un terme dans sa juridiction
en décidant "que ces monnaies seront prises au taux courant". Mais, en 1636, un
décret royal annoncera la dévaluation officielle simple reconnaissance d'un état de
fait contre lequel essayait d'Intervenir, en vain, la Jurade.
-
IV.2 - Les prix montent.
- IV.2a) Tableau
Général :
En étudiant les mouvements des prix les historiens ont déterminé ce qu'ils nomment une
pnase A au cours de laquelle la hausse des prix du "long XVI° siècle" va
continuer jusque vers 1635 environ, après quoi la courbe un instant stationnaire va
s'infléchir en une longue phase B, dépressionnaire. Cette courbe est évidemment
variable selon les denrées et les régions, avec des hausses et des baisses spasmodiques
dues à des épidémies, des accidents climatiques.
-
- IV.2b) à Monflanquin
:
En temps normal le prix du blé peut varier entre 3 et 6 livres; en période de disette il
peut d'un mois à l'autre doubler, tripler et même sextupler. C'est alors la misère; les
petits tenanciers vendent leur terre "carthonat après carthonat"; en 1631 le
sac de blé qui vaut habituellement 75 livres, s'échange contre un carthonat de terre
c'est à dire plus de 9 ares de nos jours ( 9,1063 ares précisément ). ,
En Janvier 1638 "plainte contre les bouchers qui vendent la chair à fort haut prix
bien qu'ils achepdent le bestalh a fort vil prix",font mépris de la taxe fixée par
la Jurade elle-même. De même les hestes (aubergistes ) achètent le vin à bas prix, au
plus haut cours à 3 livres et demie et le revendent 2 sols le pot. De même les
boulangers font le pain "si petit que sy le bled estait à cinquante seuls ou un
escu".
En novembre 1640 "taxation de la viande de boucherie qui sera visitée par un Consul
accompagné de trois Jurats. Maximum : bœuf 4 sous la livre, veau 5 sous, porc gras 4
sous..."
Témoignage local de l'évolution générale des prix au XVII°, en soulignant toutefois
que la dénonciation des prix pratiqués par les commerçants de Monflanquin s'appuie sur
la faiblesse des prix payés aux producteurs. Tout se passe comme si les commerçants
maintiennent leurs habitudes d'augmentation acquises durant les décennies précédentes
tandis qu'apparaît déjà, à la production, l'amorce de la baisse des prix.
En somme le clivage entre la phase A et la phase B pourrait bien être en train de
s'opérer avec certains décalages au grand dam de l'équilibre recherché par la Jurade.
IV.3 - Les impôts s'alourdissent.
IV.3a) Les impôts
directs :
- La taille.
- Sa répartition. Depuis 1560 la taille ne cesse d'augmenter.
La plus forte crue se fait entre 1627 et 1661. Le total de la recette double de 1602 à
1633 et doublera à nouveau depuis le début de la guerre contre l'Espagne et la fin de la
Fronde. Aussi échapper à la taille est une réaction courante.
Le 1er Mars 1635 la Jurade note que "diverses personnes ont déguerpis leurs biens et
ces biens sont restés vacants". la Jurade demande que les seigneurs dont ces biens
sont mouvants paient les tailles.
En Novembre 1637 "le syndic des Religieux Augustins attaque les Consuls afin que les
Religieux soient déchargés de cette imposition..."
Ces problèmes d'assiette et de répartition qui se posent à la Jurade de façon
endémique, le sent de façon plus critique en ces circonstances.
Le cadastre. Four opérer cette répartition les jurats s'appuient sur le cadastre, gros
registre contenant la description, l'arpentage et l'estimation de toutes les parcelles:
manses et champs, vignes et garrigues, forêts et communaux; le tout rapporté à chacun
des propriétaires. Parfois les "terres nobles" échappent à l'estimation sinon
à l'arpentage; en effet, dans la région, la taille réelle pèse sur les biens fonciers
et les terres nobles en sont exonérées. D'où l'importance de l'arpentage.
Le 7 Août 1636, après-midi - fait notable puisque les réunions ont lieu habituellement
le matin après la messe - la Jurade décide "l'arpentement de la ville et sa
juridiction... Les adjudicataires feront payer paroisse par paroisse les tenanciers des
biens arpentés. Pour les vaquants et non-valeurs la communauté en paiera
l'arpentement.
Le cadastre devra être remis aux Consuls le Ier Mai avec suffisamment de papier blanc
pour y inscrire ensuite les mutations..." Ce qui n'empêche pas les récriminations
de perdurer.
Ainsi en Juillet 1640 " la Jurade soumettra une requête à la Cour de l'Élection
pour que les seigneurs de biens vacants soient condamnés à en payer les tailles. Il y a
des difficultés avec les nobles de la juridiction qui prétendent à des exemptions
d'impôts : Messieurs de SARRAU, de LABASTIDE, de PALLOQUE ".
- Les autres impôts directs :
Peu ou pas mentionnés dans les registres de la Jurade de Monflanquin,
mais à avoir à l'esprit pour mieux évaluer la charge fiscale pesant sur les catégories
sociales non privilégiées.
Outre l'impôt royal qu'est la taille il existe les droits seigneuriaux les prélèvements
consulaires et, pour le clergé, la dîme, que ce soit "la grosse dime" sur le
blé, le seigle, le méteil, l'avoine, "la menue dîme" sur les fèves, les pois
etc.... "la dame verte" sur le chanvre, le lin, les plantes maraîchères,
"le carnelage" sur les agneaux et les cochons de lait; en plus s'ajoute à
Monflanquin la "prémice" superposée à la dîme proprement dite et qui
s'incorporera progressivement à la dîme.
IV.3b) Les impôts
indirects :
Assez nombreux également : les aides, le sol pour livre que rappelle çà et là la
Jurade, la gabelle, la foraine, les tonlieux, etc....
-
- Ainsi sous quelque forme que ce soit ( la monnaie, les prix,
les impôts ) la Jurade reste en permanence confrontée aux problèmes financiers qui ne
sont pas des moindres.
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- Annexe : Texte de Melle Bourrachot (1962)
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- 1640
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-
- 19 Janvier 1640 - Consuls: Me
Pierre de Lacroupe sieur de Laboissière, Pierre Cayrouze et Mejean Bion. Ordre du
trésorier général en Guyenne de lever sur 1a ville et juridiction, pour l'entretien de
l'armée qui est sur la frontière, une somme de 45'73 livres 14 sols. Répartition de
cette somme entre les 32 paroisses de la juridiction.
25 Janvier 1640 - De Cayroze, juge royal; de Canet procureur du roi, de
Moret avocat; Canet vieux, Barret, Laffon Me apothicaire; Martin Cayroze et Bouyssou
notaires
18 Mai 1640 - L'entretien de la compagnie de chevaux-légers coûte 92
livres 10 sols par jour et la communauté n'a pas d'argent et ne peut plus lever d'impôts
en raison "de la grand foule et oppression que le peuple a souffert par le logement
des gens de guerre des Régiments de la Couronne de Lusignan, (2 noms illisibles) et des
Vaisseaux quy ont entièrement ruyné". On lèvera un nouveau quartier des tailles
qui ne pourra servir qu'au paiement des subsistances..
26 Mai 1640 - Les 6 compagnies du Rgt de Clermont-Vertillac arrivent ce
jour pour tenir garnison pendant 20 jours. On a fait saisir et vendre des biens
appartenant â MM de Sarrau de Boinet qui refusaient de payer la taille pour leurs biens
ruraux. Les consuls n'ayant pu joindre ni l'archevêque de Bordeaux ni le comte de
Tonnerre,une délégation essaiera de voir Mgr le Prince.
7 Juin 1640 - Les consuls font faire sommation à M de Lamarque,maréchal
des logis de la compagnie de Bridoire,de "déloger" selon l'ordre de Mgr le
Prince. M de Lamarque s'y refuse tant que la communauté n'aura pas payé 88 écus qu'elle
lui devrait comme arrieré de subsistances. Cet arriéré a été employé en partie par
les consuls à payer les dettes que M de Bridoire avait contractées dans la ville de
Monflanquin.
14 Juin 1640 - La délégation de la communauté a rencontré Mgr le
Prince à Beaumontde Lomagne et en a obtenu le "deslogement" de la compagnie de
chevaux-légers. Vérification des roles de tailles. Il y a de nombreux biens vacants qui
ne paient pas d'impôts. Difficultés avec les nobles de la juridiction qui
prétendent à des exemptions d'impôts (de Sarrau, de Labastide, de
Palloque, etc...).
1er Juillet 1640 - La communauté avait obtenu de l'Intendant de Sourdis
d'être déchargée du logement du Rgt de Clermont-Vertillac. Pour faire appliquer cet
ordre deux consuls font le voyage de Bordeaux et obtiennent une confirmation de
l'intendant auprès de qui était déjà intervenu pour la communauté M de Paloque
capitaine au Rgt de Navarre. Jezaban Cayroze attaque les consuls devant la Cour de
l'Élection pour avoir trop taxé son moulin de Cadilhac. La Jurade soumettra une requête
à la Cour de l'élection pour que les seigneurs de biens vacants soient condamnés à
pourvoir ces biens de tenanciers aptes â les cultiver et à en payer les tailles,à moins
qu'ils ne préfèrent payer eux mêmes ou remettre leurs fiefs au roi.
-
- 22 Juillet 1640 - Ordre de l'Intendant aux consuls
de payer à la décharge de M le baron de Bridoire 90 écus.Les consuls prient les
créanciers du dit baron de "leur atermoyer le paiement"en attendant qu'ils
aient pu emprunter l'argent nécessaire.
29 Novembre 1640 - (pas d'autre délibération depuis Juillet). Les consuls ont
établi le dénombrement des biens vacants qu'ils ont porté â Agen. Affaires diverses:
paiement d'impôts, réclamation de la communauté de Castillonnès pour une certaine
somme. Le sieur de Moret juge de Pujols et habitant de Monflanquin, ira sur place se
rendre compte des prétentions des consuls de Castillonnès. Taxation de la viande de
boucherie qui sera visitée par un consul accompagné de 3 jurats. Maximum :
boeuf, 4sous
la livre; veau, 5 sous; mouton, 5 sous; porc gras, 4 sous.
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- 1641
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- 1er Janvier 1641 - Délibération non transcrite.
2Janvier1641 - Difficultés pour trouver des consuls solvables. Ont été élus la veille
Me Isaac Maret, juge de Pujols, et Pierre Delpech, marchands, de la religion prétendue
reformée, pour tenir les 5e et 6e rangs, il reste à procéder â l'élection de 4
consuls catholiques pour occuper les 4 premiers rangs.. Les consuls sortant de charge
n'ayant pas de candidats valables, se sont joints à la Jurade pour essayer d'en trouver.
Sont nommés:Me Jezaban de Becais, conseiller au présidial d'Agen; Me Antoine
Bauze, notaire; Etienne Lafabrie vieux, marchand, et Antoine Quelhes, clerc de
Crozillac.
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- X
X
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- X
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- V
/ Les années difficiles 1634 - 1641
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- 1634 - 1641, des années difficiles car la France entre
directement dans la Guerre de Trente Ans contre l'Espagne, au moment où elle est secouée
par une série d'émeutes urbaines et rurales. Les registres de Monflanquin font écho à
ces événements.
- V.1 - La guerre de Trente ans.
V.1a) Conditions
générales :
RICHELIEU a retardé le plus possible cette intervention directe du Royaume dans la guerre
car le parti dévot réprouve toute alliance protestante et la guerre contre la Maison
d'Autriche champion de la Contre-Réforme. La situation financière, par ailleurs, est
déplorable alors que les dépenses vont augmenter considérablement du fait de la guerre.
Enfin, l'armée est médiocre, mal équipée, mal commandée.
-
- V.1b) Les échos à
Monflanquin :
Mai 1634, "La communauté doit payer 1786 livres somme à laquelle elle a été
taxée l'année précédente pour les affaires de Nancy" occupée par LOUIS XIII en
personne, qui annexe la Lorraine désormais tenue par lui pour une province du Royaume.
Octobre 1636, "le duc d'EPERNON demande qu'on lui envoie un état des hommes armés
que la communauté peut lui fournit peur la guerre contre les Espagnols", guerre qui
commence mal avec l'envahissement de la Picardie et la perte de Corbie.
Novembre 1636, "Les Consuls d'Agen ont appris par un Consul de Cahors que les
Espagnols ennemis de la France ont pris St Jehan de Lus et Endaye (Hendaye) et autres
bourgs des environs..." Noter au passage les détours que prend la circulation
de l'information.
Janvier l637, "la communauté devra fournir 10 524 livres de blé pour la subsistance
de l'armée devant Bayonne".
Février 1637, "la juridiction est taxée â 1052 livres et 8 sols avec le sol pour
livre pour 'L'entretien des gens de guerre en l'armée qui est vers Bayonne..."
Une guerre donc présente dans les esprits, mais surtout présente par l'accroissement des
charges, d'où les réactions populaires.
V.2 - Les révoltes populaires en Guyenne.
V.2a) Conditions
générales :
- Le renversement de tendance économique, avec baisse des
prix, fait déjà sentir ses effets: "le bestalh à fort vil prix... le vin à bas
prix..." signalés en 1638. Tendance confortée, conjoncturellement, par les moissons
calamiteuses et, par voie de conséquence, par la famine, la peste, la mortalité.
- A ces conditions générales, indépendantes de la politique
suivie par la monarchie, venant même plutôt la contrarier, il faut ajouter la pression
fiscale accrue progressivement.
V.2b) Les retombée à
Monflanquin :
L'armée de Louis XIII, en effet, va passer de 65 000 à 150 000 hommes ce qui
entraîne une pression accrue sur le plan fiscal... et des réactions populaires dans toute la
Guyenne.
Dans un premier temps, la Jurade semble vouloir lever le ton, certainement sensible aux
poussées populaires de la région, puis dans un second temps la jurade se fera plus
prudente devant les réactions du pouvoir central.
. Récriminations de la Jurade :
Dans les premières années de la période considérée la Jurade n'hésite pas à
manifester son hostilité.
En Mai 1634, la communauté doit payer une somme qu'elle avait refusée de payer l'année
précédente : "la Jurade a vu sa requête, en même temps que celle des Consuls de
Penne, rejetée..."
En octobre 1635, encore des plaintes contre les impôts jugés excessifs et "que à
cause de l'esterillité de l'année ne peut se lepver..." Cette même année Agen se
soulève.
. Prudence de la Jurade :
Très vite les jurés vont manifester une prudence politique certaine en se démarquant
des mauvais payeurs et en affichant un loyalisme sans faille dans une province de Guyenne
où se multiplient révoltes urbaines et paysannes contre la pression fiscale de la
Monarchie.
Attitude peut être liée à l'expérience faite quelques années plus tôt, en 1624, lors
du soulèvement des Croquants du Quercy. Ceux-ci après avoir menacé un instant Cahors
ont été finalement écrasés par le maréchal de THEMINES gouverneur de la province; ses
troupes sont passées et ont stationné à Monflanquin, souvenir cuisant encore mentionné
dans les écrits de la Jurade en 1634.
- Novembre 1635, "monsieur Jehan BRUNEL s'est plaint au duc d'EPERNON que des gens
masqués, pistolet au poing, l'aient attaqué de nuit, chez lui, le traitant de
gabelleur..." et cela l'année même où quelques mois plus tôt le duc
d'EPERNON a
mis fin durement à la sédition de bordeaux contre l'augmentation des impôts; tandis
que, par ailleurs, était mis un terme également rude au soulèvement d'Agen et ses
environs où de nombreux bourgeois avaient été tués aux cris de "gabelleurs".
Un rapprochement pour le moins gênant d'où la hâte des Jurats "d'envoyer" une
députation au gouverneur de la province pour détruire cette calomnie "car il n'y a
nul désordre dans la ville...".
- Janvier 1636, "les nouveaux Consuls iront faire la révérence du duc
d'EPERNON..." pour confirmer, s'il en est besoin, les bonnes dispositions de la
Jurade qui - en cette époque de soulèvements urbains et ruraux généralisés en
Guyenne, suivis d'une répression sans merci - préfère se mettre à l'abri de l'orage.
-
- Juillet 1636, "les Consuls presteront main et ayde aux collecteurs à fere payer
les refuzans les tailhes du Roy ..." Décidément il est bien nécessaire de
démontrer que la Jurade est des plus loyalistes dans une juridiction qui semble broncher.
- - Juillet
1637 :
attitude dont ne se départira à aucun moment la prudente Jurade de
Monflanquin qui, en adresse ses deux prisonniers de la sédition
Buffarot [Buffareaux] aux autorités de Bordeaux.
doc
- Novembre 1637, "une délégation ira protester de son obéissance auprès de
monsieur d'EPERNON... " car il est urgent de montrer patte blanche alors que les
Croquants du Périgord, après avoir été maîtres de Bergerac, ont été défaits par le
duc de la VALETTE venu épauler le duc d'EPERNON son père. Prudence monflanquinoise
d'autant plus compréhensible que BUFFAREAUX, l'un des principaux meneurs, a été
encerclé et battu près de Villeréal. Comment ne pas évoquer le proverbial " Tu te
rends BUFFAREAUX ? - Non, tant que j'aurai une miche de pain et la croûte d'une autre
!", symbolisant la ténacité des hommes et l'âpreté des combats dans la région.
- Mars 1638, ` l'assiette de la taille se monte à 17 657 livres 7 sols..." Le
premier consul est envoyé à Cahuzac où se trouve le gouverneur de la province pour
l'assurer de l'obéissance de la communauté et de sa fidélité. Malgré la lourdeur de
l'impôt.
- Mai 1640 ", vérification des rôles de tailles. Il y a de nombreux biens vacants
qui ne paient pas d'impôts. Difficultés avec les nobles de la juridiction qui
prétendent à des exemptions d'impôts... ", argument de circonstance de la Jurade
débordante de fidélité et loyalisme pour trouver aide contre ces mauvais sujets (de
SARRAU, de LABASTIDE, de PALLOQUE), attitude délibérée de la bourgeoisie urbaine face à
la noblesse rurale. La Jurade "soumettra une requête a la Cour de l'Élection pour
que les seigneurs soient condamnés à en payer les tailles..."
La Jurade de Monflanquin se démarque des fauteurs de troubles !
-
- 1634 - 1641, sombres années pour la Jurade qui doit gérer
la communauté et ses tensions internes tout en lui évitant les foudres des
représentants du Pouvoir Central.
- Sombres années pour Monflanquin, car les mauvaises
récoltes, les épidémies, l'armée présente et pesante s'imposent comme
"compagnes" incontournables de la guerre, des pressions fiscales et des
révoltes.
- X X
-
- X
- " A fulgure et
tempestate
A flagello, terra es notus
A peste, fame et bello
Libera nos, domine"
Cette incantation, extraite des litanies majeures chantées lors des processions dîtes
"Les rogations" donne une idée de la rigueur des temps.
VI.1 - Le temps des crises.
Le XVII° s'inscrit dans une longue période de refroidissement climatique et de crise
généralisée sur le plan éconmique, social et politique. Les activités de la jurade
s'inscrivent dans ce contexte.
VI.1a) Témoignage de
la jurade :
La Jurade de Monflanquin, en Avril 1635, évoque encore l'année 1631 à l'occasion d'une
remontrance du procureur : "depuis l'année 1630 et 1631 que Dieu vizita cette ville
se sont tellement adonnés au vice et apliqués de fausseté et faux tesmoignages qu'ils
ont envahi quantité de successions qui ne leur appartenaient pas et ruyné ou extremement
incommandé beaucoup de familles qui n'ont ozé poursuivre n'ayant en assés de moyens
pour suppléer à sy grands frais et dépans qu'il convient demployer en telles
matières..."
VI.1b) L'année
que Dieu visita la ville :
De 1628 à 1630, l'Agenais connaît des hivers très rigoureux, des pluies torrentielles
pendant l'été. De plus l'année 1631 est assortie d'un hiver encore plus rigoureux et de
gelées tardives. D'où par voie de conséquences: misère, famine, peste.
Le prix du blé varie entre 3 et 6 livres en temps normal; en période de disette il peut
d'un mois à l'autre doubler, tripler ou sextupler. C'est alors la misère.
Trois années de disette s'ouvrent donc et s'achèvent par l'affreuse famine d'Août 1630
à Juillet 1631. La faim pousse les miséreux sur les routes, les villes les repoussant
manu militari s'il le faut; les morts par indigence et pauvreté se multiplient: A Ste
Livrade par exemple il y a ordinairement 7 sépultures par mois, mais pendant la famine il
y a jusqu'à 83 convois mortuaires en un seul mois, et de Janvier à Juin 1631 il meurt
493 personnes; la seule journée du 7 Janvier enregistre 11 décès.
Ces temps de crise aiguë provoquent d'importantes mutations foncières. Les petits
tenanciers vendent aux nantis leur terre "carthonat après carthonat" pour
survivre. Les prix des parcelles s'avilissent jusqu'à tomber à des prix dérisoires ou,
comme à Monflanquin, les terres sont occupées par d'audacieux voleurs; grâce à
l'extinction de familles, les faussaires aidés de faux témoins établissent devant
notaires royaux leurs titres de propriétés, et dépouillent les légitimes successeurs.
- 1630-1631 année terrible mais également grande date
économique pour l'histoire de la propriété rurale en Agenais. Une énorme masse de
propriétés change de mains. Le cadastre mis en place par la jurade de Monflanquin en
1636 est plus le fruit d'une nécessité que d'un hasard.
VI.1c) L'année 1631,
année type :
- En 1632, le prix de la terre retrouve son cours normal, les anciens détenteurs ruinés
ne peuvent les racheter. De Janvier à Février, on continue dans la juridiction d'Agen la
désinfection de toutes les maisons contaminées, sous la direction de Joseph RAMBAUL
habitant de Monflanquin.
- - En 1633, les dons et legs enrichissent les couvents...
l'espoir revenant.
Vains espoirs car les tourments vont reprendre.
- - Ainsi en 1635 : en Janvier "l'hôpital ayant été
démoli., on ne sait où reloger les pauvres", en Mars " Diverses personnes ont
déguerpi leurs biens et ces biens demeurent vacants", toujours en Mars "on fera
désinfecter la maison de feu Martin de FONTE par LABARRIERE désinfecteur
général", en Octobre "Plaintes contre les impôts jugés excessifs à cause de
l'esterrilité de l'année", en effet la grêle a été dévastatrice.
- En I638 l'hiver est à nouveau excessif, en 1639 c'est la sécheresse qui fait son
apparition, en 1640 c'est l'été qui es., pourri, en 1641 retour à la sécheresse...
mais toujours la misère.
L'année 1631 apparaît bien comme une année-type de la période.
VI.2 - Et l'armée en prime.
Nécessité de la Guerre de Trente Ans, volonté de mieux contrôler une région où les
soulèvements populaires ce propagent, l'armée s'installe et "pompe"
littéralement le pays.
VI.2a) Le logement :
La Jurade en souligne, à longueurs de pages, les inconvénients :
- - "En 1627, le vicomte de FONCAUDE étant dans la ville,
avec une garnison, fit démolir l'hopital..."
- - En 1634, les Consuls ont été avertis que le sieur de
FAGES, capitaine, se proposait de venir avec sa compagnie pour loger à discrétion et
faire des ravages pour se venger contre les habitants de ce qu'ils ne l'avaient volleu
recepvoir autrefois..."
- - En Novembre 1635, intervention pour faire cesser le feu que
fait la garde "en raison du gaspillage de bois que cela provoque : le plancher de la
galerie de la maison de Ville,la plus grande partie de l'escalier et 6 bancs de la
boucherie..."
- - En Juin 1638, "les soldats ont commis beaucoup de
dégâts et user de violence à l'égard des personnes chez qui ils étaient logés (toits
abattus, incendies, extorsion d'argent) en ung mot fait comme sy sens esté en pays de
conqueste...
VI.2b) Les subsides :
A la taille qui augmente ii faut ajouter les subsides aux armées qui pèsent de plus en
plus sur la population.
- En Janvier 1637, " la garnison qui est ici depuis trois semaines coûte 12 écus
par jour ...." quant au "sieur D'HAUTERIVE il ne veut pas déloger tant qu'on ne
lui a pas payé 270 livres d'arrièrés..."
- - En Novembre 1638 - pour qui aimerait faire des calculs -
voici quelques chiffres livrés par la Jurade : "La compagnie de Chaufour comprend 2
capitaines, 1 lieutenant, 1 enseigne, 2 sergents, 3 caporaux, 3 cuispessades, 1 tambour et
38 soldats" soit au total 51 hommes qui coûtent 19 livres 1 sol par jour.
- A partir d'Avril 1639 "les communautés devront avancer de dix en dix jours le
prêt des troupes qu'elles ont en garnison, en attendant qu'il plût à Sa Majesté d'y
pourvoir..."
VI.2c) Les
subsistances :
Comme si tout cela ne suffisait pas, il faut ajouter l'obligation de procurer les
subsistances.
- En Janvier 1637 "la communauté devra fournir 10 254 livres de blé rendu à
Villeneuve, pour la subsistance de l'armée devant Bayonne ..."
- - En Janvier 1638 "ordre à la jurade de fournir dans
les trois jours 877 livres pour la subsistance des compagnies logées à Villeneuve,
Marmande, Penne, Tournon et Port Ste Marie "
VI.2d) La levée en
hommes :
La ponction s'étend à celle des hommes valides, parmi les "vils gens",
engagés volontaires ou enrôlés pour trois à six ans. Cette levée en masse prend de
l'importance à partir de 1637.
- En Janvier 1637, la Jurade se plaint de ce que "les vingt hommes fournis par la
communauté ont déjà coûté cent écus..."
- - En Août 1638, "convocation pour le 25 Août pour y
effectuer la répartition de la levée d'un contingent de 1200 hommes, la juridiction
devra fournir 35 hommes..."
- - En Septembre, il est rappelé que "les recrues qui
refuseront de partir seront emprisonnées."
En fait la désertion pose problème.
- - En Septembre 1639, "ordonnance du juge-mage d'Agenais
contre les soldats qui ont déserté : arrestation, emprisonnement, saisie de tiers des
biens, prime aux dénonciateurs"; pourtant le même mois "plusieurs soldats de
la milice eut déserté et les Consuls les font rechercher mais sans succès". D'où
le recrutement de nouveaux soldats pour combler les vides, la Jurade se plaignant
amèrement d'une complicité offerte aux déserteurs : "il y a plusieurs maisons
nobles où les soldats enrôlés récemment se réfugient pour éviter de partir au
service..." Une fois de plus, les nobles sont désignés par la Jurade comme fauteurs
de troubles.
-
VI.3 - Réactions de la jurade.
VI.3a) Refus
formaliste :
- Octobre 1634, "les Consuls refuseront tout logement aux troupes qui n'auront pas un
ordre du gouverneur".
- - Refus que l'on oppose en 1635 et encore en Juin 1639 c'est
à dire tout au long de la période. Mais en prenant la précaution tout de même
d'assurer le gouverneur de sa fidélité et de se désolidariser des habitants qui, en
Janvier 1637, refusent de payer les taxes et de livrer le blé, suivis en cela par ceux
des paroisses de la juridiction.
Donc un refus légal, formaliste qui aboutit finalement à l'acceptation forcée. Prudente
Jurade ....
-
- VI.2b) Rejet vers les
autres jurades :
Chaque Jurade essaie de faire retomber la charge sur les autres jurades ou paroisses
voisines.
- - En Avril 1637, "les Consuls vont supplier
d'épargner cette pauvre communauté", "laissant aux paroisses de St Sernin,
Savignac, Lamothe-Fey le soin de supporter seules la charge de ces logements..".
Aussitôt réaction de ces paroisses.
- - En mars 1638,"menace de Castillonnès d'envoyer la
compagnie qu'ils ont chez eux à Monflanquin pour obliger la communauté à payer".
Mais il arrive que les Jurades s'entendent.
- - En Mai 1639, les Consuls de Penne, Villeneuve, Villeréal
et Castillonnès présentent avec ceux de Monflanquin un seul état "des foulles par
nous et eux souffertes".
- - En Juin se retrouvent, à Agen, les représentants des
douze principales communautés de la sénéchaussée, dont Monflanquin.
-
- VI.2d) Une constante,
les doléances :
Année après année, la Jurade de Monflanquin ne cesse d'intervenir tous azimuts pour
essayer de se dégager de cette charge que représente l'armée.
- - En 1635, elle contacte le sieur de COGNAC.
- - En 1636, le capitaine D'HAUTERIVE, le gouverneur d'EPERNON.
- - En 1637, Monsieur de St ORENS.
- - En 1638, le prince de CONDÉ et Monsieur de MONTAULT.
- - En 1640, le comte de VONNERRE maréchal des Camps et Armée
de Guyenne, puis l'archevèque deBordeaux, enfin l'intendant de SOURDIS.
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Les extraits des Registres de la Jurade de Monflanquin, de 1634 à 1641, nous ont permis
de faire la connaissance, article après article, d'une "société d'ordres"
confrontée à des tensions internes, aux difficultés économiques du moment, à la
Guerre de Trente Ans, aux révoltes locales.
Le XVII° siècle, dans sa première partie, a été difficile, rude. Les habitants de
Monflanquin et leur Jurade n'ont pas été épargnés. C'est sur cette idée fondamentale
que nous refermerons les pages du Registre rédigées entre 1634 et 1641.
- n°218 à 232
- (1983 à 1985)