1637 
(dans le texte)
 
Le dixneufiesme jeulhiet mil six cens trente sept avand midy [...], propozent aussi que sur les advis que tant eulx que messieurs les officiers auroit heu d'une entreprinze sur la présant ville par certains ennemis du Roy et de l'estat quy faisoit des assenblées contre le service de Sa Magesté, il auroit esté députté le sieur Marti, jurat, devers madame de Montferran à Casseneul pour prier d'en donner advis à nosseigneurs les gouverneurs. Lequel, n'ayant truvé ladite dame audit lieu de Casseneul mais Bourdeaulx, il y seroit allé. Et par ce qu'il est de retour, requièrent qu'il soit oùy sur le fait de sa députtation et déléguation, et délibérer sur le fait d'icelle mesmes sur le fait des frais de son voyage et autres quy se sont faitz ou quy se feront, en conséquance et pour enpescher et prins ledit soubzlepvement.
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Comme aussy propozent qu'ilz ont heu advis que les acuzés dudit soubzlepvement menassent messieurs les officiers consulz et autres juratz et particulhers habitans quy se sont enployés et s'enployeront vigoureuzement de leur pouvoir de leur mesfaire, en leurs biens et personnes comme desja le sieur de Passalaigue, acesseur, a esté blessé d'ung coup de pistollet en vollant fere une capteure, et autres exploitz quy regardent le service du Roy; attandu que c'est pour le bien public service de Sa Magesté et conservation de la présant ville s'il est juste et raisonnable que sy mal advient à aulcung desdits sieurs officiers, consulz jurats et particulhiers de la présant ville et jurisdition par les acuzés ou soubçonnés pour raison dudit soubzlepvement et acuzation, qu'ilz soint indepnizés par la présant ville et jurisdition, mesmes ledit sieur de Passalaigue, traisté et médiquementé aulx despans publicqs [...].
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Et consernant la capteure et détention de Jehan Laffon, bordeur, et Anthoine Bon dit Laplume, ausquelz le procès a esté fait par le comendement verbalh de nosditz seigneurs gouverneurs, ladite jurade est d'advis de les conduire dilligemment en la ville de Bourdeaulx, conformémant à l'ordre conteneu en ladite lettre de mondit seigneur duc aulx despans de la comunauté, comme s'agissant de l'intérest du Roy et du public, saufz et pour cest effect que les susdits sieurs consulz prandront des deniers quy sont en mains des collecteurs [...].                  
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         Et que, a mesmes fins et despans, sera procedé tant à la capteure de Jehan Brunei dit La Brune, à la contignuation de sa procédure que autres ses conplices et desdits Laffon et Bon, et cas advenent qu'il mal advient aulx personnes ou bien des officiers consulz ou autres particulhers quy leur acisteront pour le service du Roi, ou quy ont acisté le sieur de Passalaigue quy a esté blessé, la jurade est d'advis que les ungz et les autres seront indepnizés des acidans il advenait ou qui pourroint arriver si après, afin qu'ilz puissent sans apréhantion de rien poursuivre et se saisir dudit Brunei et ses conplices, pertubateurs du repos public, priés que :adite comunauté à ordre expres de ce fere de mondit seigneur le duc. [.. . ]
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        Et lesdits sieurs consulz quy feront la conduitte desdits prizonniers prandront tel nonbre de gens qu'ilz truveront à propos pour la sécuritté de la conduitte. Et estant audit Bourdeaulx après avoir présanté les susdits prizonniers à nosdits seigneurs les gouverneurs, lesquels ilz assureront de nostre obéissance et affection au service de Sa Magesté et à Leurs Grandeurs. Et par mesme moyen verront monseigneur et madame de Montferran et les remerssieront des soingz quy leur plaist prandre de nous [...J.
 
Suit la teneur de ladite lettre " Messieurs les consulz je aprins par monseigneur de Montferran les soirigz que vous contignués de prandre pour le service du Roy de quoi je veU de marquer par une information que vous avés commencé de fere contre deulx séditieulx de vostre jurisdition nommés Brunei et Laffon, surprins en subornant quelques gens pour les fere joindre a Bufaro, je ne saurois assés louer l'affection que vous faites en cella paraistre pour le service de Sa Magesté, non plus quen l'offre que vous faites de vous saizir des susdits séditieulx. C'est ce que je vous prie et vous exorte de fere aveques peu de bruit afin que vous ne perdiés point l'ocazion de randre se service à Sa Magesté ; les ayant, vous pourrés les fere conduire à Villeneuve où j'escripe aulx consulz de fere fournir ung bateau et escorte s'il est besoing pour les fere conduire en ceste ville. Cepandant il sera très à propos de fere contignuer l'information que vous aves commainsée, et fere ouir le plus de thor que vous pourrés contre ses séditieulx quy ne taschent que vous perdre en suivant leurs mauvais exenple. Sy vous en thrubé d'autre en main, ne perdra point l'ocazion de les arrester sans en atandre autre ordre que cellui si. Vous ferés choze très utille au service de Sa Magesté et très agréable à montseigneur le duc d'Espernon, mon père, et à moy quy suis vérittablement messieurs les consulz, vostre plus affectionné amy à vous servir.
 Signé de montseigneur, le duc de la Valette. 
Et sur la marge: à Bourdeaulx le dix septiesme jeulhet mil six cens trent sept. 
Et au dessus de ladite lettre: à messieurs, messieurs les consulz de la ville de Montflanquin, à Montflanquin".