Jurade de Monflanquin 

en 1681

Les jurats protestants interdits

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dates marquantes de 1256 à 1787
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Annexe (documents Paroisses XVII°-XVIII°):   Arpentement -    Impôts   -   Naissances décés  - Pièces diverses
Annexe (documents Paroisses XIV°-XVI°):        Pièces diverses -
 
La jurade de Monflanquin,  tout au long du XVII° siècle, est le lieu où se projettent, explicitement ou non, les tensions qui se rencontrent dans la juridiction. Il en va, tout naturellement de même, pendant la période que couvrent les registres de 1654 – 1687.. .
 
Trois domaines dominent, en effet, les comptes-rendus des réunions  : la gestion locale avec des contestations sur certaines « nobilités » donnant privilège d’impôt, les réactions à la présence et au logement de troupes de passage et surtout de façon constante -  sous-jacente ou affichée - les rapports entre protestants et catholiques. (1)
 
L’année 1681 est exemplaire de cette « trilogie » avec, cependant comme particularité, le passage brusque d’une hostilité constante et maîtrisée à une « émotion » populaire, explosive dans certaines paroisses, à l’encontre de l’Eglise catholique.
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Janvier : la jurade en fonction.
 
Le 2 janvier - « Aujourd’huy second du moys de janvier mil six cens quatre vingtz un dans la maison commune de la ville de Monflanquin en Agenoys » … « ce sont assemblés messieurs » :  noble Jehan Henry Estorc écuyer sieur de Montcenot, Abraham Veges marchand, Jehan Coquard bourgeois, Jehan Carriou marchand, maître Jacob Maturin avocat, Isaac Castilhion greffier. Consuls de la ville la présente année qui « ont convoqué pour tenir jurade messieurs» : de Becays avocat, Floyssac procureur du roi pour Monflanquin, Molinier docteur et curé de la ville, de Persy écuyer sieur de Latour, de Bourgon écuyer sieur de Camayrac,  de Persy écuyer sieur de Tragnac, Gardes apothicaire, Canet bourgeois, Eyma avocat, Fournyé sieur de Lamartinie docteur en médecine, Cayrouze sieur de Latuque, Malique sieur Larimière, Lacarrère notaire, de Faure bourgeois, Cayrouze bourgeois, Védrines bourgeois, Salesses notaire, Laffon procureur en l’ordinaire, Castilhion notaire, Astresses marchand, Bru marchand, Gueytou marchand, Becays sieur de Maurel, Deffa bourgeois, Moret bourgeois, Lafabrie marchand, Seitze marchand. « Tous jurats ayant été consuls excepté dudit sieur curé » (2)
 
Tous convoqués pour prendre connaissance de l’imposition par monseigneur Faucon de Ris, Intendant, de la somme de 22.940 livres pour la taille de la présente année. En outre, il leur est prescrit, comme à toutes les communautés de l’Agenais, de faire vérifier  leurs rôles d’imposition et leurs comptes par le sieur de Bordes, lieutenant particulier au présidial d’Agen.. (3)
 
Nonobstant le procès en cours à Libourne contre le sieur de Rebeyrac dont la nobilité est contestée et la confirmation de la somme de 120 livres accordée au père Baranet prieur du couvent des Augustins de Monflanquin, les membres présents votent que la demande de l’Intendant sera exécutée.
 
Cette réunion de janvier permet de prendre immédiatement contact, par le relevé des noms et des titres, avec l’oligarchie de Monflanquin composée de nobliaux et de bourgeois détenteurs de charges ou non.. Elle affiche également la préoccupation centrale de la jurade, liée à sa fonction même : la répartition des impôts en évitant les privilèges de non-paiement.
 
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Le 30 janvier - Sont présents : Veges marchand, Cocquard bourgeois, Carriou marchand, Maturin avocat lesquels ont convoqué : de Becays avocat, de Floyssac procureur de la ville, de Bourgon sieur de Camayrac, Vedrines notaire, Canet bourgeois, Fournyé sieur de Lamartinie, Eyma avocat, Faure bourgeois, Lacarrère notaire, Védrines jeune bourgeois, Salesse notaire, Cayrouze bourgeois, Malique sieur de Larrimière, Dastrucq bourgeois, Laparre marchand, Lanégrie sieur de Lacassagnie, Chayres bourgeois, Moret bourgeois, Deffa bourgeois, Seitze marchand.
 
« Tous jurats ayant été consuls ».  Mode de fonctionnement qui dénote une volonté de continuité dans l’implication de la gestion de la ville. Le relevé des noms, réunions après  réunions, met en valeur la stabilité et l’assiduité du groupe, car peu de nouveaux sont à noter parmi les présents.
 
L’assemblée prend connaissance de la lettre du sieur Castan – procureur en la cour des aides et finances de Guyenne – qui leur annonce qu’ils sont « vivement poursuivis par  le seigneur vicomte de Rebeyrac et autre qui prétendent affranchissement de leurs biens pour la taille » … Décision est prise d’envoyer  le sieur Coquard à Libourne  pour défendre la jurade.
 
Le  mois de janvier  est donc consacré essentiellement à la gestion de la taille et à sa répartition. Avec, pour corollaire, le conflit avec les propriétaires de terres « nobles » selon eux, malgré l’avis contraire de la jurade. Question à l’ordre du jour  très régulièrement.
 
De plus, au fil des réunions, va se préciser la place que tient Libourne, ici mentionnée, dans l’horizon administratif de Monflanquin. C’est là que se rendent de façon obligée les délégués de la jurade pour traiter des affaires en cours.
 
Février-Mars : la "nobilité" en cause.
 
 
Le 23 février – Quelques précisions à glaner sur les noms : Pierre Védrines notaire, Floyssac sieur de Labastide. Un nom seul nouveau dans la liste : Bouyssou bourgeois.
 
Les jurats prennent acte du déplacement du sieur Coquard à Libourne où les cas des seigneurs de Belsunce, de la damoiselle de Labastide et de Lamothe-Sudre ont été abordés en plus de celui du seigneur de Rebeyrac. Décision est prise, par la jurade, de poursuivre ces affaires qui reçoivent un supplément de nouveaux dossiers pour : le sieur de Lacaussade, la damoizelle de Bajouran et le sieur de Sarrau (4).  Sont chargés de cette mission à Libourne : messieurs de Faure et Canet jurats.
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Le 2 mars -  Quatre noms apparaissent : maître Marc Védrines, Persy sieur de Latour, Guy marchand, Goudal marchand.
La jurade s’informe de la lettre de Castang concernant la poursuite en justice entamée par les bénédictins d’Eysses et monsieur de Lamothe-Sudre à propos de la taille. A nouveau Coquard est mobilisé pour aller à Libourne
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Le 6 mars – Deux nouveaux noms : Lacombe bourgeois, Causse sieur de Labarède.
La jurade, après avoir rappelé la participation financière due par les consuls Veges et Carriou réfractaires, demande au sieur Coquard de partir incessamment à Libourne.
La décision d’avoir à payer est notifiée par écrit, en date du 9 mars, aux sieurs Veges et Carriou par  notaire.
 
Avril-Mai : la "nobilité" toujours.
   
Le 13 avril – Nouveaux noms : Paloque écuyer seigneur de Saint Sernin, Bru marchand,  Lafabrye marchand.
 
Il semble que des accords « à l’amiable » puissent se faire entre la jurade et damoizelle de Bajouran ainsi qu’avec le sieur de Lamothe-Sudre. La jurade, en outre, récupère des papiers de damoizelle de Labastide, déposés en archives en 1662. Les consuls, plongés dans cette série de règlements, décident de recevoir les propriétaires ayant des terres « nobles », avec leurs titres. En même temps ils assurent le remboursement des frais du voyage à Libourne et Bordeaux du sieur Coquard.
 
Le suivi est assuré par le notaire pour les papiers de damoizelle de Labastide et pour le contact avec le seigneur de Belsunce, actuellement à Paris,  à propos de ses biens dans la paroisse de Born.
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Le 11 mai – Seul nom nouveau lors de la réunion de la jurade : Amblart marchand.
Rapport est fait du déplacement à Lamotte-Fay, en présence du juge procureur, pour délimiter  les terres « nobles » - par acte de 1536 - des bénédictins d’Eysses qui désirent un accord à l’amiable. Messieurs de Saint Sernin et Eyma, nommés par la ville, se rendront à Libourne pour régler les dossiers des Bénédictins, de messieurs de Belsunce et la Caussade, si leur esprit de conciliation annoncé se maintient. Sans oublier le sieur Sarrau qui retarde la mise en œuvre de l’ordonnance obtenue contre lui, le sieur Duquesne qui prétend avoir commission des trésoriers généraux pour réparer les chemins royaux (distinction est faite entre chemins royaux et publics), le sieur de Lamothe qui doit fournir preuve de l’hommage de 1539 et du dénombrement de 1555, le sieur de Listrac de Bajouran sur certains biens dépendant de la maison de Gibel, le sieur de Gardes dont le procès s’achève à Agen et qui accepte un accord à l’amiable.
Société procédurière que celle où des contestations s’appuient sur des actes datant de plus d’un siècle. Ce qui confirme que certaines affaires peuvent durer indéfiniment et qu’il est possible de les retrouver dans les ordres du jour successifs de la jurade.
 
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Juin-Juillet :Soulèvements populaires.
 
Le 8 juin – Précision sur un nom : de Larrivière Laffon procureur du roi.
 
Changement brusque des préoccupations de la jurade. Les affaires en cours - de terres nobiliaires contestées -  laissent place, pour la première fois en cette année 1681, à un aperçu de la vie locale et de ses tensions en raison de la pression des militaires  installés dans la région par le pouvoir central.
« Après avoir oui ledit sieur Carriou … pour justifier des exces de viollances contre luy faites par l’officier et soldats » …..  la jurade est d’avis qu’il faut informer le marquis de Louvois ministre d’Etat  … afin qu’il rende sa bonne justice, d’autant plus que l’action a été commise contre un consul qui assurait la levée des impôts royaux.
L’incident prend toute sa dimension, le 12 juin, avec la mention en marge du cahier de la jurade : « Je soussigné Molinier – curé de Monflanquin – déclare m’opposer à ce que la place de procureur du Roy soit occupée par  un des messieurs de la religion prétendue réformée. »
Lui qui, fin de l’année précédente, avait rappelé que :  « le Roy donne privilège aux curés - des villes où les messieurs de la religion prétendue réformée sont en plus grand nombre – d’assister à toutes les assemblées tant particulières que générales à peine de nullité de toutes les délibérations »
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Le 9 juillet – Noms nouveaux, certainement en raison des événements : Laclergerye écuyer, Plagnies procureur de la ville, Capdeville marchand, Menour sieur de Rastoulhiac.
La jurade est informée par Montcenot, premier consul, que :  « on faisait le bâton dans la paroisse de Savignac où il se serait porté et y étant ils auraient trouvé que certains mutins et factieux avec plusieurs femmes avait fait grand désordre et qu’au son de la cloche plusieurs factieux … s’étant assemblés … auraient mis le feu à la maison de Vergniol chirurgien où ils auraient brûlé et enlevé tous les meubles … se seraient portés d’enlever les portes de l’église ayant perdu le respect qu’ils devaient au sieur curé … néanmoins à la venue de messieurs les officiers et consuls tous ces mutins s’étaient évanouis. » … « Et comme il arrive qu’on a fait le bâton dans d’autres paroisses, que ce mal pourrait croître ils ont assemblé la compagnie pour l’informer … afin d’arrêter ces désordres. »
Les jurats sont d’autant plus inquiets qu’en effet les paroisses de St Caprais, Savignac, Saint Aubin, Lamothe Fay sont plongées dans ces manifestations. Mission est confiée à Montcenot de « se rendre  [à Bordeaux] incessamment pour informer les puissances supérieures de la fidélité inviolable que la ville a pour le service du roi .. et qu’on travaillera avec soin à calmer ces désordres … et punir les coupables … » Il est décidé « que les cloches des paroisses seront descendues des clochers et messieurs les curés priés de les mettre en sûreté … Messieurs les curés sont aussi priés d’exhorter le public à l’obéissance que nous devons à notre souverain » … Par précaution « les consuls sont priés de faire leur actuelle résidence dans la ville et qu’ils prendront des principaux bourgeois pour la garde du clocher  de ladite ville … messieurs les gentilshommes seront priés de venir en ville le plus souvent qu’ils le pourront afin de prendre leur avis sur l’état présent. »
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Le 11 juillet – Les consuls informent que « suivant l’avis qui leur a été donné ils se sont portés dans les paroisses de Piis et Roquefère où il y avait des soulèvements et où ils ont fait ce qu’ils pouvaient pour calmer ces désordres et remontrer au peuple de se tenir dans l’obéissance qu’ils doivent au roi. » …
Sieur de Floyssac, procureur du roi, signale que «  le vice sénéchal, présentement dans la ville, requiert des consuls de lui indiquer les coupables aux fins qu’il s’en saisisse » Les consuls sont d’avis que le vice sénéchal avec sa compagnie se rende à Savignac pour appréhender les factieux, puis dans les paroisses de Roquefère, Piis, Villars et autres paroisses … « et les frais seront  à la charge du public ».
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Le 13 juillet – Le sieur de Moncenot rend compte de « sa députation » où il a rendu révérence au comte de Lasserre Lt Gal des armées du roi en la province de Guyenne et à monseigneur de Ris intendant ..  une ordonnance lui a été remise dont il demande lecture et approbation avant de retourner, accompagné de sieur Mathurin, auprès du comte de Lasserre qui est à Villeneuve.. Comme le demande « mondit seigneur » l’ordonnance « sera affichée aux places publiques de la ville et églises paroissiales »
Dans le même esprit, la jurade approuve l’arrivée du sieur de Jeyan, vice-sénéchal d’Agenais, avec huit archers de sa compagnie. Les consuls accompagnés de ces archers,  « de quantité de noblesse et principaus habitants de la ville au nombre de cent cinquante chevaux ou gens de pied, à la faveur desquels on a pris cinq prisonniers » mis à la prison de Monflanquin  … Les consuls se veulent rassurants : « Il semble que tout le peuple ému est apaisé n’y ayant eu que quatre paroisses s’étant soulevées qui sont les plus éloignées de la ville »… « On travaille incessamment à découvrir les plus factieux  et à instruire les procédures contre ces mutins »
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Le 27 juillet  Les jurats font le point de la situation où « ils auront fait toutes leurs diligences pour se saisir des factieux de plusieurs paroisses …bon nombre de ces  prisonniers qu’ils auront traduit dans la ville de Villeneuve suivant les ordonnances de monsieur de Primet conseiller du roi  au parlement de Guyenne. » … De même que, dans le respect de ces ordonnances, « en auront conduit, sous la garde de douze habitants et sieur Castilhon, huit à la Réole » …. Constatent «  qu’ils demeurent encore en charge de sept prisonniers de cette juridiction et quatre de celle de Paulhiac renvoyés de Villeneuve dont la garde leur revient aussi à grands frais.
Les jurats se demandent s’ils vont continuer à gérer cette détention ou s’ils vont en être déchargés. Pour les frais engagés à ce propos, ils envisagent de « faire requête à monseigneur l’intendant aux fins que son bon plaisir soit d’ordonner qu’il soit pris des deniers imposés pour les créanciers de la communauté le montant à quoi reviendront lesdits  à charge de les réimposer l’année prochaine. Pour ce qui est des prisonniers de Paulhiac, ils espèrent en être remboursés.
 
Septembre-Octobre : Expectative.
 
Le 18 Septembre – Aux côtés des Montcenot, Veges, Coquard, Carrion, Maturin, Castilhion, Becays, Molinier, Vedrines, Canet, Eyma, MalliqueCayrouse, Lanegrye, Moret, Amblard des noms nouveaux : Frizel sieur de Frayssinède, Latrelhie capitaine, Darnaud marchand, Fagete sieur de Boudy.
Apparence de retour aux préoccupations, classiques habituelles de la jurade, avec le dossier  du sieur de Montmares qui a obtenu de la justice « d’être desencastrer » et à qui on fait opposition à sa demande. Il en va de même pour le dossier Lamothe-Sudre. Pour le dossier Duquesne, déjà abordé le 11 mai, il est décidé que la jurade « exhortera le public à remettre les chemins royaux en leurs anciens états.
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Le 23 Octobre  Seule affaire traitée, celle du sieur Duquesne à qui l’on assure remboursement de frais engagés et suivi envisagé auprès du public pour ce qui est du  réaménagement des chemins concernés.
La jurade semble, à ce moment de son histoire, dans l’expectative. La secousse du mois de juillet semble, en effet, tétaniser les consuls en place, dans l’attente des retombées qui ne peuvent manquer de se manifester, à un moment où, dans l’ensemble du royaume, la monarchie fait pression sur la communauté protestante avec l’aval de la communauté catholique sinon à sa demande.
 
Décembre : Protestants sanctionnés.
 
Le 18 décembre – La jurade est réunie pour prendre connaissance d’un arrêt du Conseil d’Etat pris en date du 24 novembre dernier, signé Phelipeaux « par lequel il ordonne expressément que les habitants de ce lieu faisant profession de la religion prétendue réformée seront exclus pour toujours du consulat et conseil politique » … « par lequel encore il est pourvu à la nomination des nouveaux consuls et conseillers politiques faisant profession de la religion catholique apostolique romaine ». Arrêt accompagné d’une lettre « de monseigneur de Faucon de Ris intendant en cette province pour l’exécution du dit arrêt. »
L’arrêt du 24 novembre du conseil d’état tenu à St Germain précise : « Sa Majesté a nommé les consuls du dit lieu pour l’année présente savoir pour le premier consul Jean Jacques de Faure bourgeois … second Anthoine Fabre … troisième Guilhaume Charlan bourgeois … quatrième Geraud Rouzière … cinquième Henry Queilhe bourgeois … sixième Jean Contanson maître chirurgien. Et pour conseillers politiques … pour assister auxdites assemblées : le sieur prieur ou en son absence son procureur, le recteur de la ville, noble Henri de Paloque syndic de la ville, noble Jean Louuis de Paloque, noble Anthoine de Lustrac sieur de Canabazes, noble Jean de Palloque sieur de la Sauvetat, noble Jean Ector sieur de Laussac, noble Pierre Ector sieur de Moncenot, noble Marc Anthoine de Bourgon, Pierre Rouzières, Jean Jacques de Faure, Jean Maydieu, Pierre Queilhe, Lacombe Astruc, Guilhem Charlan, Guilhaume Charlan, Bernard Amblard, Jean Malique, Hugues Lacarrère, Cocquart, Capdeville, Guy Laffabrie, Fabre, Jean Maydieu, Serge Veges, Carrieu, Jean Faure, de Trelaygues, de Floyssac sieur de Labastide, Contanson  chirurgien, de Crozac, de Milhac,  » Il est précisé : « Voulant sa Majesté que les années suivantes il y soit procédé dans le temps et en la manière et forme accotmée aux renouvellements des dits consuls et conseillers politiques dudit lieu de Monflanquin. »
 
La jurade entérine l’arrêt de conseil. Seul problème : le remplacement de Anthoine Fabre, nouvellement nommé second jurat par ce même arrêt et décédé. « Sieur Faure, premier consul nommé par ledit arrêt se portera devers monseigneur de Faucon de Ris … pour le supplier de nous donner ses ordres pour remplir le second du nouveau consulat.». Cela réglé, « Faure, Rouzières et Contenson ont prêté le serment de consul  en la forme accoutumée … se conformant audit arrêt. »
La jurade, objet de compétition entre les deux communautés présentes à Monflanquin passe sous le contrôle des seuls catholiques. Les protestants de Monflanquin , quatre ans avant la Révocation de l’Édit de Nantes, perdent leurs droits à la représentation « politique » locale. A ce titre, 1681 est une année marquante dans l’histoire de la bastide.
 
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Certes les registres de la jurade ne donnent qu’un aspect limité des réalités du moment, puisqu’ils ne reportent que les affaires qui sont de sa compétence. Mais l’enregistrement de textes officiels, de doléances administratives permet d’avoir une approche certaine des évolutions en cours dans la juridiction.
Ainsi, l’élimination des jurats protestants en 1681 prend toute sa signification une fois placée dans la perspective des mesures déjà prises, en ce qui concerne la jurade, à l’encontre des protestants : 1623 consulat à mi-partie entre les deux communautés, 1635 quatre consuls catholiques et deux protestants. L’année 1681 marque également l’intensification en cours  des pressions – militaires entre autres – qui, après la fermeture du temple place Caladon,  vont aboutir aux conversions résultant de la révocation de l’Édit de Nantes.(5)
Odo Georges  
Bibliographie
 
1  - « La jurade de Monflanquin 1654-1687 »  Odo Georges – SLA  1995 - .354/355   
2  - « Jurade de Monflanquin » Archives d’Agen – E supp. 3470 – transcrit par Tholin 1930    
3 - « Jurade de Monflanquin » transcrit par Wojciechowski Sylvie et Pascal – 2000 -T. VII
4  - « Claude Sarrau de Boinet » Odo Georges - SLA 1988 n° 271/272   
5  - « Révocation de l’Edit de Nantes » Odo Georges - SLA n° spécial 1985  
 
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Lexique

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IJK
   
   
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PQ
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